‹ Le vieux consul tragedie en cinq actesChapitre 16 sur 44 · AN M1US · texte numérisé non relu

AN M1US

Quoi donc? Tes maladies ?

MA Ht us.

Hein !

ANN IUS.

Pour continuer ion métier d'assassin , Je te conseille, moi, de prendre un médecin.

marius. •

Insolent !

AN'NIUS.

Quel que soit son détestable empire,

Il vient un jour prospère où le méchant expire. Et les hommes meilleurs trouvent des partisans, Quand la férocité touche à quatre-vingts ans. MARll'S.

Que sont pour Marius ces injures banales ?

* Scaiiru* , Anniii- , Marin', lepidus.

Marius n’a jamais couru les saturnales .

Ni la débauche habile aux propos d'imposteur. AKMUS.

Par Castor, Marius, tu deviens orateur !

Voyons, voyons, avant de te rendre aux Comices, De ta licrc éloquence offre-nous les prémices.

Sur moi, sur le sénat, déverse ton mépris;

Fais un appel pu peuple et mets ma tète à prix. marius.

Aonius, à défaut de charmes oratoires,

J’ai dans mes souvenirs cinquante ans de victoires; Se croisant les bras.

Mais puisque ma parole èst de si peu d’effet. Veux-tu pas au Forum dire ce que j’ai fait?

LEPiDius, parlant du haut du Rostre ù .1 uni ns. En vain tu veux railler, en vain ta rage oublie Que Calua Marius a sauvé l’Italie. [fonds.

Toi donc, qui vas chercher, plein de calculs pro- Tes gloires au milieu d’un sénat de bouffons,

Ame de bateleur par le vin détrempée.

Cœur gâté, corps débile, indigne de l'épée,

Je dis que, spectre avide à tes pas attaché,

Pendant toute la nuit ma haine t'a cherché.

Espérant découvrir ta gloire ensevelie Au creux le plus infect des bouges d’Esquilie,

Je suis venu trop tard. Déjà sur cet enfer Dans le matin blanchi scintillait Lucifer.

Que faisais-tu ? La rage et l’injure à la bouche. Allais-tu d’un Romain déshonorer la couche.

Ou dormais-tu, cuvant ton délire passé,

Morne, ivre de falerne, au rebord d'un fossé?

— El vous qui me prêtez un complaisant silence. Ne soyez point surpris de cette violence,

Car ces mots tout brûlants de haine et de douleur Ont de la vérité la brutale couleur.

Quoi ! Rome, six cents ans de sa gloire occupée,

A pu brandir le monde au bout de son épée, * Et vous laissez tomber ainsi sans rien prévoir L’énorme et saint orgueil qui fit votre pouvoir î Prenez garde, Romains! le vaincu de la veille, Teuton, Cimbre ou Gaulois, lentement se réveille: Et tous, sombre Océan, viennent en long reflux Envelopper ceux-là qu’ils’ ne respectent plus. Prenez garde ! Je veux quici l’on interdise Ceux qui de leur esprit font une marchandise,

Et quittent du plaisir les infâmes attraits Pour faire trembler Rome, et s en vanter après.

Si j’ose ainsi parler, ù maîtres de la terre,

C’est en ma qualité de tribun militaire;

Car il ne s'agit plus d’une ville à brûler,

Ni de jeux, ni d’un cirque où le sang va couler: Mais d’un lèche tyran dont l’esprit s’évertue A nous prostituer comme il se prostitue.

Et je descends du Rostre, et comme chevalier Je demande à cet homme un combat singulier.

J'aime le droit du glaive, et je suis d'une race Où coule encor, dit~on, le sang du vieil Horace. Rangez-vous î

Le peuple, qui a écouté les paroles de Lepidus avec una sorte de froideur, semble déjà prêt à se ranger du côté d'Annius : des voix s’écrient avec violence.

Point de sang 1 non ! non 1

MAGASIN THEATRAL

juitics itlnnce vert le Rostre. et et i$ à la foute ; gui i encourage:

A-t-on lavé

Le sang des sénateurs qui souille ce paré?

LEPIOUS.

Citoyens !

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