VOIX NOMBREUSES
Monte au Rostre, Annius! Non . point de sang ! maries , s'nt’onpanf ou milieu de la foule.
Asser...
Amis du vieur Catus, êtes-vous insensés T J’ai pu, quand un revers m'emplissait de colerps, Abaisser sur ces gens mes harhes consulaires.
On frappe avec fureur quand on est irrité.
Mais l'homme vraiment fort invoque l'équité.
Plus de sang. Annius. établissons les causes :
Le Rostre n'est pas loin, montes-y si lu I oses. annius» avec dédain-
De cette république il ne faut point douter,
(.luand son bourreau succombe et»e laisse dompter. Autrefois Marius. ce grand coupeur de têtes.
A permis le carnage en de pareilles fi tes.
Ardents comme aujourd'hui, ses jeunes lionceaux
Du meilleur sang romain grossissaient les ruisseui,
Mais dussent m'advenir mille morts pour salaire. Ma voix dominera l'ouragan populaire.
Jamais de ces transports grand cœur ne s'étonna.
1, monte au Rostre ; ses amis l'entourent et l'encoorageot; Mario, revient se poster entre les colonnes do la basilique ; à ce moment il aperçoit Lannia errante . il t*« un geste de joie et repousse Lepidus au milieu de la • foule.
MARIUS
Lavinie !
annius , du haut du Rostre.
Écoulez !
marius, d Titus.
Va me chercher Cinna ;
Si l’on vient à frapper, il me faut son qourage.
Titus part avec quelques licteurs.
annius.
Sur 1. terre du bruit, dans le, deux point d'orage: Écoutez donc, Romains au forum descendus.
Si ma voix peut répondre au brillant Lepidus marius , d part.
Allons, tout est perdu si devant lui je tombe.
• » entre les colonnes de la basilique
«HSSaBSSsaS
épées.
AKN1US.
Grand Jupiter! je te promets une hécatombe,
. s , tu r ne 1111 bélier, a Minerve un taureau,
SI ié nuis des Romains démasquer le bourreau. «U l u'est» pus honteux que cette ville altiére, Eint de sergeand, bras la terre tout entiere.
Soit là. triste leçon pour le monde étonné.
Toute saignante aux main» d'un soldnt forcené! Cet homme est un vainqueur, dites-vous? c est
f possible;
Mais au champ de bataille, à chacun accessible. Quand la guerre s'achève en sublimes cHorla,
Les vraig triomphateurs , Romains , ce sont les
[ morts.
A Marius.
Oui. ce qui fait pâlir ton orgueil, c'est ta vie. Tes gloires, d'autre part, sont le fruit de l'envie. Et tu ne serais pas au point où le voilà Si tu n'avais hai Metellus et Sylla.
Furieux et rusé, sans vertu, sans courage.
Tu sais, quand il le faut, dévorer un outrage: Puis, quand revient à toi la possibilité.
Relever ton œil fauve avec férocité.
Vous tous, bons citoyens , vieux soldai*, jeunes
; hommes.
Fiers d'avoir en fa nié celle gloire où nous somme*. Aux pieds d'un furieux, noble peuple asservi. Sais-tu ce qu’il prépare à ceux qui 1 on suivi?
Ne te souviens-tu pas. dts-le, foule servile.
De ce Saturninus qui lit trembler la ville !
Ce tribun, redouté par ses lâches exploits.
Au non de Marius. dictait, brisait les lois.
Mais, lorsque le sénat, lasse de ces menées.
Fit trembler du tribun le, bandes étonnée,.
Lorsque de le, servir le destin se las»*, Savez-vous le premier qui contre eux sc dre, sa? Marins, leur ami ! Marius, leur complice, f Osa de Saturnin préparer le supplice ; i Et, »ourd aux mouvement, du Forum irrite,
! S'enveloppa honteux dans son Impunité.
Ne vous souvient-il plus qu'au milieu d'une léte. i Lorsque d'Antonius on lui porta la tête.
Ce moribon chagrin, que brisait la douleur.
Se mit à gambader ainsi qu'un bateleur?
Romains, avec fureur ma volonté s'explique :
I II faut qu'un bvas hautain sauve la république; Sinon, lier de grandir en sa force tout seul.
Ce spectre emportera Kome dans son linceul.
Ayant déjà passé le temps des grandes guerres. Nous n'avons plus besoin de ces soldais vulgaires Qui , roides et gonllés de leur pouvoir brutal . Ont l'esprit plus grossier qu'un morceau de métal. Pour qu'en nos mains encor la gloire se concentre. Il faut que nos vigueurs se gonflent vers le centre; Afin qu'au Capitole un pouvoir respecté Nous garde des transports d'un bandit irrité.
J'ai dit. Songe* à Rome, à sa grandeur future.
L» f«de se précipite vers le Rostre avec des cris d enthousiasme et de triomphe. Annius voit son parti grossi de toutes parts. ‘Les amis de Marius paraissent consternés.
LA FOULB.
Annius 1 Annius !
marius, avec un éclat de colère.
Il veut la dictature !
LA FOOLE.
Non, non !
annius, triomphant.
Je ne veut «rien, dussé-je m'y briser, Qu’un pouvoir d’un moment, Caïus, pour t'écraser.
M AlUUS.
Vous l'entende/ !
la foule.
Non, non, vive Annius î MMius, à part.
O rage !
CX SOLHAT, nm» de Marius.
Monte au Hostre, consul, et réponds a l’outrage! Manu* est au comble de la terreur : il promène ses regards effrayés autour de lui et il s’écrie :
Dieux 1 dieux ! de tous les miens je suis aban-
[ donné!
Puis il aperçoit Larinia , marche à elle d’un pas ferme , et lui dit eu l'attir mt hors de la foule:
Puisqu’après le conseil que je l’avnis donné.
Tu viens dans cette foule affronter la menace, Marche donc! va troubler cet homme en son au-
[ dace.
U est jeune, bouillant, il l'aime, je le sais.
Seule aujourd’hui tu peux entrçm son succès.
Sache le détourner par quelque flatterie.