DE LA. RÉVOLUTION DU Q AU 10 THEBMIDOR
La catastrophe a éclaté les g et lo thermidor ; le public en connaît les détails mieux que moi , alors détenu. Je dois m'attacher à faire quelques observations capitales : il a existé un décemvirat, à la tête duquel s'est trouvé un nouvel Appius Claudius. La parfaite identité du comité de salut public avec le décemvirat de Rome , est démontrée, et par le passage de V Esprit des Lois, et par la tyrannie momentanée sous laquelle a gémi toute la France. Les meneurs de ce décem\firat , Robespierre , CoUot - d'Herbois , Barère , Couthon , Billaud-Varennes et St.-Just ont toujours été parfaitement d'accord pour subjuguer le sénat français , la nation toute entière.
Il faut sans cesse rappeler à la Convention , disait Barère depuis le lo thermidor , son état d^ oppression^ afin qu'elle ri y retombe plus* Auparavant tous leurs discours , toutes leurs actions concertées , ont tendu à conrdenser cet état d'oppression , et leur tyrannie sur le peuple.
Ne sont-ce pas eux qui ont surpris à la Convention nationale le décret qui les autorisait à mettre ses membres en arrestation? Ils se sont aidés mutuellement de leurs forces respectives -, CoUot disait de St.-Just : Ce jeune et uigoureux athlète de la révolution. Barère défendait Robespierre des attaques du manifeste du duc d'Yorck , où on le taxait d'aspirer à la dictature , au patriarcat^ où on les traitait diégorgeurs. Ils se sont entendus à repousser Magenthies , lorsqu'en homme libre , il venait redemander à la Convention nationale , et la liberté d'elle-même , et la souveraineté du peuple. Ils se sont entendus à défendre leurs satellites, d^Aubigni, Lebon , etc. On ne finirait pas à. recueillir tous les traits
qui dëmôntrent révidence de leur conjuration. Ce éfefcempirat , sous prétexte de régénérer les mœurs dn peuple français , avait réellement ronçu Fidëe immense de réaliser le projet agraire. Ils avaient devant leurs yeux Texemple des jeunes Gracques qui devinrent victimes de leur inexpérience.
Us ont suivi Texemple de Sytta qui , dans le mènif dessein , employa les proscriptions , les confiscations. En effet, la France fut bientôt couverte d! espions^ de sbires , de bastilles , d'échafauds : ils ne lui auraient laissé qu'une population de veuves et d^orphelins. ITat-on pas encore entendu Barère, depuis le io thermi- Mor, parler du partage des terres confisquées ?
Hélas ! ils s'imaginaient réformer les moeurs en détruisant le luxe des vètemens. u Lorsque la tyrannie , dit Tacite , eut commencé à faire couler le sang sous T'itère^ et quil ne fut plus possible de jouir dune haute renommée^ ceux qui échappèrent aux massacres devinrent plus prudens : les profusions se portèrent à des dépenses secrètes a^ec une uiolence que rien n était capable d*arréter.., » Mais ces haines , ces vengeances , cet abus effroyable d'odieuses délations , ce désespoir de Thomme de bien alarmé de ses vertus mêmes , sont- ce là les germes d'une régénération de mœurs ?
Leur salut contre leurs innombrables ennemis n'eut résidé que dans la conservation du pouvoir , et ils eussent infailliblement usurpé la permanence de la tyrannie sur leur pays.
Ils n'avaient pas , comme Sylla , dont ils ont renouvelé les fureurs , le jai^elot ai^ec lequel il triompha à Ordiomène : seulement ils avaient le souvenir de l'insuke qu'il reçut en abdiquant la dictature , et sa ré-