‹ Le vieux cordelier (volume 2)Chapitre 42 sur 58 · DE LA. MÈRE DR DIEU DÉVOILÉS · texte numérisé non relu

DE LA. MÈRE DR DIEU DÉVOILÉS

Robespierre marche insensiblement au pouvoir suprême , prétendant à la gloire de réparer les calamités de la France , après les avoir provoquées. Aidé par Couthon et Saint- Jus t , les rôles sont partagés ; le jeune homme, chargé d'ejfFrayer les esprits, sème les inquîé-' tudes , les méfiances , le désespoir , et propose des mesures terribles. Couthon, avecFintérèt de ses infirmités, semble les autoriser par des motifs de nécessité in dis* peiiisable. Robespierre,, avec le langage de la philanthropie y s'applique à rallier à lui les débris de tous les par* lis, distribue des espérances , proscrit sed ennemis. Dans soû ambition j ne se bornant pas aux voies temporelles , ii a recours au célestes interventions de TEtre- Suprême. Brûlant de porter Tencensoir et dWecter Fèmpire, interprète de Fauteur de la nature , dans la manière dont il deviiitêtre honoré , il propose une religion telle que les hommes n'en conçurent jamais de plus belle , de plus pure^ tandis que, pour s'identifier en quelque sorte à la Divinité, il manœuvre dans Tombre, avec une secte obscure de tètes illuminées , \'idée superstitieuse de se faire déclarer l'envoyé du xîieL Nouveau Mahomet , il eût pu achever la tirade dont Barère ne débita qu'une partie rapportée dans mon premier écrit :

J'apporte un joug plus noble aux nations entières , J*ahotis les faux dieux , et mon tulte épuré De ma grandeur naissajite est U premier degré, JVe me reproche point de tromper ma pairie ; Je détruis sa faiblesse et son idolâtrie* Sous un cheff sous un Dieu , je uiens la réunir, Et pour la rendre illustie il la faut asservir.

' Ses adversaires, prétendant également à la dominanation exclusive , se concertent avec lui dans les projets

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dévastateurs jusquau moment où, fatigues d'être ses Omar ,. ils tentent de prendre sa place. Mais on remar<jDe cette difTérencc qu'il osa lcsattaquer.de front, taudis qu'ils ne Tuttaquérent que dajis Tombre , d'une manière vile et basse , même en le flagornant publiquement jas« qu'à sa d/éfaîtc : conduite qui prouve de sa part son audace , et de la part des autres leur turpitude. Us vont chercher dans un réduit obscur une folie mystique de têtes imbécilles , y envoient leur^ agens pour suggérer leurs propres idées, et ils inventent , sous une fable ridicule et grotesque, une vaste conspiration politique, au lieu de la dévoiler. Us transforment un nom de fiamille vulgaire en un nom grec qui signifie la Divinité*, rassemblent de toutes parts des accessoires incoUérens pour y donner plus d'appareil ^ mêlent le merveilleux aE comique, la fable à l'histoire, le sacré au profane, le bouffon au plaisant , la satire à l'épigramme , le mensonge toujours au mensonge ; ici, c'est l'œuf que la poule couve et qui n'aura pas degerme^ le sage qui sert de communication entre le ciel et la terre 5 le nouveau messie annoncé par les écritures judaïques. Là c'est un moi ne faisantdes prophéties dans un langage le plus în compréhensible 5 le vengeur céleste foudroyant les Titans orgueilleux. Ailleurs c'est le tableau du jeune Capet oublié, pour un grand dessein , derrière un lit du château de Saint-CIoud ; c'est la marquise de Chastcnois, devenue sorcière avec les bouquins du rabbi Salomon et de Nostradamus, par la force surnaturelle d'un petit ouvrage de religieuse , converti en an^ulette. C'est Tappartemenl de Catherine Théot, métamorphosé en vieux tabernacle, arché-type de toutes les superstitions de la Terre , le vautour de Prométhée , le tartare des Euménides , la roue

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d^Ixion, les hourîs de Mahomet , le paradis des Papes 5 enfin , l'ambigu le plus extravagant que la plus folle imagination des Pçlites-Maisons ait jamais inventé. Leur effronterie va jusqu'à présenter cette indécence à la méditation de la Convention nationale , comme une affaire d'où dépend le salut de l'Etat , en affectant encore des sentimens d'équité pour mieux séduire. Une serait pas raisonnable , disent-ils , (ïenv^elopper dans ce nouv^eau genre de conspiration Un tas dHmbéciles trompés» Votre justice a toujours distingué terreur d^av^ec te crime. Quelle horreur exécrable ! sacrifier de sang-froid , dévouer à la mort plusieurs individus , aii moins dignes de pitié , uniquement pour servir leur ambition, détruire leurs rivaux èi continuer leur tyrannie; oser rendre complice, sans le satoir, de ce grand forfait la Convention nationale trop crédule dans les usurpateurs de sa confiance ! Tout est ici immolé : indulgence pour la faiblesse , pitié due au malheur, respect à la vieillesse, dignité de la représentation nationale, majesté du peuple, droits sacrés de la vérité , de la justice , devoirs de ïa société ^ lois, morale , honneur , enfin tontes les vertus.

Est-ce bien le peuple français , si grand dans l'Univers par ses lumières , par ses armes , par son étonnante Révolution , qui est devenu le jouet et la victime d'une poighée de tyranneaux, naguère inconnus sous d'autres rapports que ceux de la nullité , appréciés entre eux par cette vérité sortie de leurs bouches au milieu de leurs querelles : Pjgmées politiques , auxquels ce serait trop con-' fier que de donner une basse- cour à gouverner'}

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