‹ Le vieux cordelier (volume 2)Chapitre 43 sur 58 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Ainsi je charme les ennuis de ma longue détenlion, en dévoilant les tyrans qui m^ont plongé dans les fers, pour avoir commencé à éventer leurs complots. Poissent tous ceux qui leur ressemblent pâlir. d^efiroi et s'arrêter dans la carrière du crime 1 Les tyrans peuvent induire en erreur la jeunesse , d'autant plus facile qu'elle croit à la vertu*, mais qu'ils apprennent^ par mon exemple , que bientôt désabusée ^ indignée d'avoir été aveuglée , elle se fait un devoir honorable de les démasquer devant l'opinion publique. Mon cœur approcha du crime , il n'en est pas flétri. Qu'on ne dise pas que je trahisse la confiance ^ je ne fus pas dépositaire de leurs secrets. Ils ont voulu faire de moi une dupe avant d'en faire une victime : ce que mes yeux dessillés ont surpris dans les occasions rapides comme Téclair ^ je ne dois point le taire en faveur des oppresseurs de ma patrie ^ quand elle en peut tirer quelque utilité. Je croîs à la mo* raie , et jamais je n'ai trahi et ne trahirai les épancbemens du cœur. On avait beau exciter des dénonciations^ dire qu'on n'était pas patriote quand on n'avait pas dénoncé, et fait incarcérer, j'ai toujours gardé dans mon intérieur les confidences, lesindiscré tiens échappées. Je ne pense pas me tromper ; j'ai du moins le sentiment de bien mériter des gens honnêles.

Quoi qu'en fassent les tyrans passés et a venir, la li-

DE LA. MÈRK DE DIEU DÉTOILÉS. 335

berté de la presse sera ëternellemenl l'aurore de la vérité j et rien de leurs infamies ne restera caché. La vérîté sortira du fond des cachots pour les vouer à l'opprobre. Puisse chacun se pénétrer de la nécessité d'être de bonne foi et vertueux ! Les crimes les plus secrets seront publiés sur les toits.

J'ignore pourquoi je reste toujours captif; la justice exige ma liberté. Quoi qu'il en soit des motifs d,e détention , trop prolongée , je respecte la négligence du comité de Sûreté générale à mon égard. La Convention nationale et les autorités de gouvernement qui en émanent , n'en sont pas moins l'objet de ma vénération ; mais je dirai qu'il est cruel de n'être pas témoin des espérances de bonheur dont elle console la France éplorée , tandis qu'on l'a été malgré soi des ravages qu'elle vient d'éprouver , et de ne pouyoir concourir de toutes ses forces , aux mesures de restauration , après tant de malheurs^

Du palais du Luxembourg, le 8 pluviôse, an IIP de la République française , «ne et indivisible.

VILATE

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