‹ Le vieux cordelier (volume 2)Chapitre 50 sur 58 · DES ËVENEMENS BU Q THERMIDOR · texte numérisé non relu

DES ËVENEMENS BU Q THERMIDOR

il , il faut touiours suivre son général. Bruel voulant me résister, je Tarréte , et quelques-uns de mes camarades ^ qui m'auraient peut- être livré un moment auparavant à

force année de Paris, pensait-il que l'on pût attaquer les conjurés dans la nuit? Non sans doute; car, s'il l'eût pensé, il n'eût certainement pas manqué de donner quelques points de ralliement aux re- ])re'8entaas qui allaient comme lui parcourir les différens quartiers de Paris pouf chercher à faire des partisans à la Convention , et tout le monde sait que non-seulement il n'en donna point , mais qu'il s'en alla très-loin du théâtre de la guerre, à la plaine des Sablons, où étai(>nt campés les élèves de Mars dont l'intervention ne pouvait sûrement être d'aucun secours avant la journée du lendemain.

Autre preuve encore non moins probante : plusieurs représentans trouvent dans leur mission des facilités sur lesquelles ils n'avaient pas compté} queique»>un8 même se trouvent avoir bientôt à leur disposition àe» forces assez considérables j mais y en a-t-il un seul (si l'on en excepte Léonard Bourdon , dont la conduite dans cette circonstance tient à des causes qui seront expliquées plus tard), y en a-t-il un seul qui songe à aller attaquer la Commune sur-le-champ, qui songe même à pousser une reconnaissance un pen sérieuse de ce côté , pour savoir au juste ce qui s'y passe ? Non , c'est une chose bien constante : aucun d'eux ne songea à prendre un pareil parti , et chacun d'eux ' s^empressa de retourner àia Convention, pour dire ce qu'il avait fait et apprendre ce qu'il avait a faire.

Disons-le donc avec assurance : non , la Convention n'avait pas l*in • tention d'attaquer la Commune pendant la nuit ; non , la Convention ne songeait point à attaquer la Commune avant que toutes ses forces fussent réunies, c'est-à-dire , avant la matinée du lendemain ; et comme alors Robespierre eût eu terminé aussi tous ses préparatifs de défesse» comme alors Robespierre eût eu une armée aussi nombreuse peut-être que celle avec laquelle la Convention fût venue Tattaquer, il est bien évident qu'une bataille affreuse était inévitable pour le lendemain si le plan de cette assemblée , toujours prodigue du sang des Français, eût été suivi; mais, gr^ce au ciel, il ne le fut pas , et la France fut sauvée en quelques inslans par le plan tout différent que Méda avait présenté au comité de salut public , et qu'il exécuta avec autant de courage que de prudence.

{Note de V éditeur.)

38o PRÉCIS HISTORIQUE

la fureur des partisans de Robespierre , me soutiennent jusqu'au moment où les vingt-quatre représentans , dont renvoi dans les sections venait d'être ordonné par la Convention, sortent de la salle. Alors je fais mettre pied à terre à plusieurs gendarmes. Les reprcsentans montent leurs chevaux et s'en vont dans les difierens quartiers de Paris (i^.

Les reprësentans Legeudref Lanthenas et Léonard Bourdon , escortés de deux de mes camarades et de moi, vont à la section de la Halle-au-61é. Cette section , recevant à la fois des ordres de la Convention et de la Commune , était dans la plus grande incertitude , mais la présence des Représentans la détermine en faveur de la Convention. Le représentant Legendre nous quiue et va faire fermer la salle des Jacobins , rue St.-^Honoré, pendant que nous courons dans les sections des Enfans de la Patrie, des Arcis , des Lombards, des GravillierS) faire prendre les armes aux citoyens. La section des Gravilliers , commandée par le citoyen Martin , était sous les armes : à la voix de Léonard Bourdon elle nous promet ses services et elle se met en mouvement avec nous pour marcher contre la Commune (2).

(i) J'obserre que le citoyen Barras, nomme général en chef parla Convention , ne donna aucun ordre d'attaque, ni même de ralliement, et qu'il s'en alla au camp de Mars rdunir la force armë« quis'y trouYait.

{Note de V auteur,)

(1) La rapidité du rëcit de Mëda sera sans doute d'un grand agrément pour les lecteurs , mais elle sera peut-être cause qu'il restera encore dans leur esprit des doutes sur quelques-uns des ëvënemens de la journée, doutes qu'il lui eût été bien facile de lever. Par exemple , ici il dit bien que l'attaque contre la Commune fut résolue , et qu'il fut chargé de la diriger j mais il ne dit absolument rien qui puisse même faire soupçonner celui qui eut le premier cette idée. C'étail

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