‹ Le vieux cordelier (volume 2)Chapitre 51 sur 58 · DES ÉYÉNEMENS DU 9 THERMIDOR · texte numérisé non relu

DES ÉYÉNEMENS DU 9 THERMIDOR

Léonard Bourdon me nomme commandant de Fat* taque. Les officiers et les soldats , me voyant partout , m'écoutent volontiers ^ d'ailleurs je leur montre dans la ganse de mon chapeau Tordre que le Comité de salut public m^a donné. J^arrète la tète de la colonne à St.-Merry : j\'ippelle Léonard Bourdon pour combiner avec lui mon plan d^attaque. Je lui propose d^attaquer la commune par le quai Pelletier et la rue du Mouton pendant que je la tournerais avec quelques compagnies de braves, par le St.-Esprit , et que je renverserais tout

pourtant une chose assez intéressante à faire connaître. Comme nous sommes réduits à ne former sur ce point que des conjectures , voici celles qui nous semblent le plus naturelles.

Viàée d^attaquer immédiatement la Commune ne venait point de la Convention , comme nous Pavons vu plus haut ^ ni de Barras , ni d'aucun des autres Représentans qui parcouraient ainsi que lui les différens quartiers de Paris, sans se rencontrer ailleurs qu^à la Convention. Elle fut évidemment conçue par un des hommes de la petite troupe à laquelle appartenait Méda; mais quel est cet homme? Serait-ce le commandant de la section des Gravilliers, Martin? Le rôle fout-à-fait secondaire qu'on lui voit jouer dans la suite ne permet guère de le croire, et le doute s'établit plus naturellement entre Léonard Bourdon et Méda; mais ce doute peut-il être bien long-temps sérieux , lorsqu'on songe aux antécédens de l'un et de l'autre ( Léonard Bourdon, si notre mémoire ne nous trompe pas, était un ancien mattre de pension ) , et surtout lorsqu'on songe aux honneurs extraor- <linaires que ce représentant, qui venait déjouer le rôle de général, crut devoir faire rendre à un simple soldat comme Méda.

Ainsi ce serait donc par modestie que Méda n'aurait pas parlé dt la circonstance dont nous nous occupons en ce moment j et au fait, il a bien pu croire qu''il pouvait se dispenser d'en parler après avoir dit ce que le Comité de salut public avait résolu sur son avis , mais nous n'en laissons pas moins subsister cette remarque pour ceux qui aiment fnieux fonder leur opinion sur une série de faits avérés ou même probables p que Siir les déclarations isolées de quelque personne que ce soit. (Note Je l'cditeur.)

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ce qui me serait opposé ; il me laisse entière liberté. En ce niomeiit débouche de la rue de la Verrerie une compagnie de canonniersquiy ne recevant aucunerdrei la Commune où elle s^était rendue , s'en retoariiait à sa section (i) ; le représenlam Léonard Bourdon la fait joindre i ma colonne , et par les renseignemens que ine donne son chef je décide tout de suite mon mouvement : (c Par ce que dit le capitaine, dis-je à Léonard » Bourdon, vous voyez qu'il n*y a aucun ordre à la Corn* » mune ^ tombons donc sur ceux qui s*j trouvent sans » leur laisser le temps de se reconnaître \ descendons fe )> quai sans bruit : quand nous arriverons aur la phea » . l'artillerie se mettra sur sa gauche en bataiUe au paadr

(f) ]1 peat partttre étoanant, aa premier coup d'osil, de voir la cooj ares si mal gardëa à la Commane ; mais outre qq?il ne leur était pas facile , non plus qu'à la ConTentûm , de retedir pendant toute la nHà tout les armes des soldais qui n^aimaient pas plus à se tléslieurernw ceux de la Ligue , il y eut encore une cause qui contribua beaucoup à augmenter le désordre autour d^eux, c'est qu'ils se persuadéreot, par les mesures mêmes qu'ils virent prendreà la Convention, qu^Ii M seraient attaqués que le lendemain. Lorsqu^ib furept bien pënétri^ do cette idée , ils firent comme la Convention, ils ne s^occupérent presque plus de ce qui se passait prés d'eux, ils ne s'occupèrent que de gagner les sections et de s^assurer une armée pour le lendemain , et en un mot , si la Commune succomba , ce n^est pas parce qu'elle montra moins de prudence ou de courage que la Convention; c'est uniquement parce qu'il se trouva dans les rangs opposés aux siens un bomme qui eut l'idée de décider la question par un coup de main , au moment où le besoin de repos dispersait de tous les côtés les soldats des deux partis; car, si le basard eût place cet homme dans ses rangs , elle eût pu triom* pber {tout aussi facilement de la Convention, que la Gonventioa triompba d^elle , etsurtout lorsqu'elle envoya jusqu'aux portes mêmet de cette assemblée réclamer Henriot par les canonniers des faubourgs, qui étaient soldés par elle , et qui lui étaient entièrement dévoués.

{lYote de V éditeur,)

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