AVERTISSEMENT
▼ oiLA l'ouvrage annoncé dans rata lettre à Tallien. Je n'ai pu le donner plus tôt au public ^ à cause d'une maladie. J'ai dit la vëritë. Je rafattends à toutes les persécutions ; n'importe : j'ai fait mon devoir. Les âmes honnêtes np pie feront pas le reproche d'abuser de la confiance en révélant des choses utiles. J'ai été arrêté par les hommes à qui j'ai arraché . le dernier lambeau du masque imposteur. J'ai dû me défendre.
DE
LA RÉVOLUTION
tl E dois au peuple ma justification ; elle dérive des causes secrètes des 9 et lo thermidor.
J'ai été juré au tribunal révolutionnaire de Paris , et je suis entré dans Tintimité des hommes qui , depuis le 3i mai 1798 j ont joué les premiers rôles sur le théâtre sanglant de la révolution.
L'enthousiasme du beau et de la vertu , aliment ordinaire d'un cœur neuf et sensible , enflammé par Tespoir de la régénération d'un grand peuple , annoncée et promise avec tout l'éclat , tout le prestige de l'amour de l'humanité , m'avait lancé dans la carrière révolutionnaire , et porté à figurer , sans m'en apercevoir, dans ces scènes tragiques décorées des noms de vertu , de patriotisme. Hélas ! je serais devenu un nouveau Séide , si la connaissance des intrigues et des passions ne m'eût dessillé les yeux , et n eût fait disparaître mes illusions. J'ai eu le courage d'inspirer des défiances ; les Mahomet , les Omar redoutant ma langue véridique et babillardé , m'ont précipité , quelques jours avant leur chute inattendue, dans une des mille et mille bastilles , dont ils avaient couvert chaque point de la République.
La vérité ) grâce à la liberté de la presse-^ Va sortir des tombeaux des vivans. Je croirais violer, les droits sacrés de la patrie , si je ne disais pas ce que je sais^ ce qa*igiUH rerait peut-être le monde. Mon intérêt n est rien. Simoa innocence résulte des cboses cachées que je vais dîvul* guer^le danger imminent auquel je me dévoue me conseillerait le silence : j'ai la satisfaction de préparer des matériaux à riiistoirc.
Mon âge est de 26 ans *, je suis né & Ahun, département de la Creuse , petite ville où la pureté des habitudes et Tinnocence des mœurs éloignent à peine ses hàbitans de la simplicité touchante de la nature. Mon enfàtice 7 1 recueilli le désir de la liberté , et puisé le sentiment de Tégalité. Les années de ma jeunesse ont été employées àulc études.
L'histoire deâ nations qui ont paru sUr la terre^ et qni n existent plus que dans ses pages immortelles, tn'a de bonne heure appris la cause de la tiaissance et de la décadence des empires. Partni les peuples innombrables ^ perdus pour nous dans Timmensité des temps , mon inia'gination s'était portée de préférence sur ces antiques Egyptiens, inventeurs des plus hautes sciences. Elle s'était passionnée pour ces Grecs, si vantés par leur amour de la liberté, mais qu'ils ont forcée à fuir de leur sein par les inquiétudes de cet amour même ; elle s'est étonnée i l'aspect de cette Rome
Veuve d^ah peuple roi et reine encor du monde.
Partout j'ai vu les peuples sous le joug de la tyrannie, et toujours la proie d'un petit nombre d'ambitieux et d'hypocrites , teints du sang des hommes , et spoliateurs des richesses de la terre. O! comme mon tendre cœur