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I O U R xy n Li
R è d i G È par Ca m ï ll E DE S MOULINS ,
Député à la Convention , et Doyen des Jacobins .
Décadi, 3o Fiimaiie , l’an II de la Répiibl. une et indivisible;
Le plus fort 11 est jamais assez fort pour être toujours le maître , s' il ne transforme sa force en droit.
T. J. Rousseau , Ccnuat sacral. )
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quelques personnes ont improuve mon numéro 3 5 où je nie suis plu , disent-elles ? à faire des rapprochernens qui tendent à jeter de la défaveur sur îa révolution et les patriotes (elles devroient dire sur les excès de la i évolution 5 et les patriotes d'industrie). Elles croient le numéro réfuté , et tout le monde justifié par ce seul mot : Qn sait bien que U état présent n est pas celui de la liberté ; mais patience y vous sere £
libres un joun ,
Ceux-là pensent apparemment que îa liberté, comme l'enfance , a besoin de passer par les cris et les pleurs , pour arriver à l'âge mûr. Il est au contraire de la nature de la liberté , que, pour en jouir , il suffit de îa désirer. Un peuple est libre du moment qu’il veut l’être ; (on se rappelle que c’est un mot de Lafayçtte) : « Il rentre dans la plénitude de tousses droits , dès le 14 juillet. La liberté n’a ni vieillesse , ni enfance. Elle n’a qu’un âge , celui de la force et de la vigueur. Autrement ceux qui se font tuer pour la République, seroient donc aussi stupides que ces fanatiques de la Vendée, qui se font tuer pour des délices de paradis dont ils ne jouiront point. Quand nous aurons péri dans le combat , ressusciterons-nous aussi dans trois jours , comme le croient ces paysans stupides ? Non , cette liberté que j’adore n’est point le Dieu inconnu. Nous combattons pour défendre des biens dont elle met sur le champ en possession ceux qui l’invoquent. Ces biens sont la déclaration des droits, la douceur des maximes républicaines , la fraternité , la sainte égalité , l’inviolabilité des principes. Voilà les traces des pas de la déesse ; voilà à quels traits je distingue les peuples au milieu de qui elle habite.
Et a quel autre signe veut-on que je reconn oisse celte liberté divine "t Cette libei té , ne serait ce qu’un vain nom ? n’est- ce qu’une actrice de l’Opéra, îa Candeille eu la Maillard, promenées avec un bonnet rouge, ou bien cette statue de 4 6 pieds de haut crue propose David? S: par la liberté , vous n’entendez pas , comme moi , les principes , mais seulement un morceau de pierre , il ny eut jamais idolâtrie plus stupide et si coûteuse que la nôtre.
O ! mes chers concitoyens, serions-nous donc avilis à ce point , que de nous prosterner devant de tel les divinités ? Non , la liberté , cette liberté descendue du ciel, ce n’est point une nymphe de l’Opéra , ce n’est point un bonnet rouge, une chemise sale ou des haillons. La liberté, c’est le bonheur * c’est la raison , c’est Pénalité , c’est la justice , c’est la déclaration des droits , c’est verre sublime constitution ! Voulez- vous que je la reccnnoisse , que je tombe à ses pieds, que je verse tout mon sang pour elle ? ouvrez les prisons (i) à ces deux cents mille citoyens que
(i) One messieurs les modérés ne se fassent pas une autorité de ce passi ge ; qu’ils n’isolent pas cette ligne du reste du numéro quatre ; car c’est de l'ensemble que se compose mon opinion.
¥0ü s appelez suspects; car, dans la déclara^ îion des droits, il n’y a point de maisons de suspicion; ii n’y a que des maisons d’arrêt. Le soupçon n’a point de prisons, mais l’accusateur public ; il n’y a point de gens suspects; il n’y* a que des prévenus de délits fixés parla loi. Et ne c. oyez pas que cette mesure seioiî tuneste à îa République. Ce seroit la mesure la plus révolutionnaire que vous eussiez jamais pùse. Vous voulez exterminer tous vos ennemis par la guillotine. Mais y eût-il jamais plus grande, folie? Pouvez - vous en faire périr un seul à l’échafaud , sans vous faire dix ennemis de sa famille ou de ses amis ? Croyez - vous que ce soit ces femmes , ces vieillards , ces cacochymes, ces égoïstes , ces traînards de la révolution , que vous enfermez , qui sont dangereux ? De vos ennemis , il n’est resté parmi
ne veux point . pygmée , avoir une querelle avec le géant , et je déclare que mon sentiment n'est pas qu’on ouvre les deux battans des maisons de suspicion, mais seulement un guichet , et que les quatre ou six examinateurs secrets , décrétés par îa Convention , décadi 3o frimaire , interrogent, les suspects un à un , et leur rendent, la liberté si leur élargissement ne met point la République
%-ous que les lâches et les malades. Les braves et les fo ts ont émigré. Ils ont péri à Lyon ou dans la Vendée ; tout le reste ne mérite pas vot.e colère. Cette multitude de fetiillans , de rentieis , de boutiquiers , que vous incarcérez , dans le duel entre la mona chie et la République , n’a ressemblé qu’à ce peuple de P^ome , dont Tacite peint ainsi l’indifférence , dans le combat entre Vitellîus et Vespasien.
« Tant que dura Faction , les Romains s’assembloient , comme des spectateurs curieux autour des combattons ; et comme à un spectacle , ils favoiisoiênt tantôt ceux - ci et tantôt ceux -- là , par des battemens de mains et des acclamations , se déclarant tou-
jours pour les vainqueurs, et lorsqu’un des deux partis venoit à lâcher pied , voulant qu’on tirât des maisons et qu’on livrât à l’ennemi ceux qui s’y sauvoient. D’un côté, l’on voy oit des morts et des blessés , de l’autre des comédies et des
restaurateurs remplis de monde. » N’est-ce nas
l’image de nos modérés , de nos chapelains , de nos signataires de la fameuse pétition des
S mille et des 20 mille , et de cette multitude
immobile entre les jacobins et Coblentz, selon
le succès , criant : Vive Lafayetîc et son cheval
blanc î ou portant en triomphe le buste cle Marat, et le nichant dévotement à la place cle la Notre-Dame du coin , et entre les deux chandelles? On voit que les bourgeois de Paris, l’an ie. de la République, ne ressemblent pas mal encore à ceux de Rome, du temps de Vitellius, comme ceux cle Rome ressembloient à ceux d’Athènes , du temps de Platon , dont ce philosonhe disait , dans sa République imaginaire ? qu’il rfavo’î rien prescrit pour eux , cette classs étant faite %pou: suivre aveuglément l’impulsion du gouvernement et dés plus fous. On
au carrousel et au
Champ de Mars, et le Palais - Royal étaloit ses bergères et son Arcadie, A côté du tranchant de la guillotine sous lequel tomboient les tètes couronnées , et sur la même place , et dans le même temps, on guillotinoit aussi polichinelle, qui partageoit l’attention. Ce n’éîoit pas l’amour de la République qui attirait tous les jours tant de monde sur la place de la révolution, niais la curiosité , et la pièce , nouvelle , et qui ne pouvoit avoir qu’une seule représensation. Je suis sûr que la plupart des habitués de ce spectacle se moq noient , au fond de Famé, des abonnés de l’opéra et de la tragédie , qui ne voy oient qu’un poignard de carton ,
et des comédiens qui faisoient le mort. Telle étoit, dit Tacite, l'insensibilité de la ville de Rome, sa sécurité dénaturée et son indifférence parfaite pour tous les partis. Mais Vespasien, vainqueur, ne fit point embastiller toute cette multitude.
De meme croyez - moi , dignes représentans , aujourd’hui que la Convention vient » de rejeter sur les intrigant, les patriote tarés et les ultra-révolutionnaires en moustaches et en bonnet rouge, l’immense poids de terreur qui pesoit sur elle; aujourd’hui qu’elle a repris, sur son pied d’estal , l’attitude qui lui conve-a noit , dans la religion du peuple , et que le comité de salut public veut un gouvernement provisoire , respecté et assez fort pour contenir également les modérés et les exagérés , laissons aussi végéter au coin de leur feu , au moins ces paisibles casaniers , ci - devant royalistes , sous Louis XV et même sous Louis XVI et les Etats-Généraux , mais qui , dès le 14 juillet , et au premier coup de fusil , ont jeté leurs armes et l’écusson des lys, et ont demandé en grâce à la Nation de leur laisser faire leurs quatre repas par jour. Laissez-ies , comme Vespasien , suivre aujourd’hui le char du triom-
phateur , en s’égosillant à crier : Vive îa République !
Que de bénédictions s’cleveroîent alors de toutes parts ! Je pense bien différemment de ceux qui vous disent qu’il faut laisser la terreur à l’ordre du jour. Je suis certain au contraire que la liber té se» oit consolidée, et l’Europe vaincue, si vous aviez un comité de clé me pce. C'eut ce comité qui finiroit la révolution ; car: la clémence es aussi une me tu e révolutionnaire , et la plus efüeace de toutes, quand elle est distribuée avec sagesse. Que les imhcciües et tes ripons m’appellent modéré , s’ils le veulent. Je ne rotfeis "-nbint de n’être pas plus enragé
eue
■ti tus ; or, vo.-cice que ürutus
cc- ivoit : Vous ferler mieux 9 mon cher Cicéron 9 de mettre de La vigueur a couper cours aux giurres civiles qu cl exercer de la colère , et. poursuivre vos * es sentiment contre des vaincus (Vu On sait Que Thrasibule, après s’etre emparé d’Athènes , à la tête des bannis y et avoir condamné a mort ceux des trente tyrans qui n’a voient point péri
les armes à la main 3 usa d’une" indulgence extrême àPepard au reste des citoyens „ et même fit
(i) Acrius prohihmda civilia bdla quant in super a tes iracundia exerçai cl a
proclamer une amnistie générale. Difa-î-on que Thrasihule et Brutus étoient des feuillans , des brissotins; je consens à passer pour modéré , comme ces grands hommes. La politique leur avoit appris la maxime que Machiavel, a professée depuis , que , lorsque tant de monde a trempe dans une conjuration , on V étouffe plus sûrement , en feignant de /’ ignorer , qu en cherchant tous les complices , C’est cette politique , autant que sa bonté, son humanité, qui inspira à Antonin ces belles paroles aux magistrats, qui le pi essoient de poursuivre et de punir tous les citoyens qui avoient eu part à la conjuration d’Aîtilius : Je ne suis pas bien aise qu on voie quil y a tant de personnes qui ne mû aiment pas.
Je ne puis m’empêcher de transcrire ici le passage que Y anti-fédéraliste aciîé de Montesquieu, et qui est si bien à l’ordre du jour. On verra que le génie de César ne îravaiüoiî pas mieux que la sottise de nos ultra-révolutionnaires à faire détester la république , et à frayer le chemin à la monarchie.
« Tous les gens qui a voient eu des projets ambitieux, avoienî conspiré à mettre le désordre dans îa république. Pompée , Crassus et César y réussirent à merveille ; et comme les bons législateurs cherchent à rendre leurs conci-
icjcns mei'leursxeux-ci cherchoient aies rendre pires. Ces premiers hommes de la République cherchaient à dégoûter le peuple de son pouvoir ^ et ce devenir nécessaires 9 en rendant extrêmes les in~ ce nv émeus du gouvernement républicain. Mais lôrsqu Auguste fut devenu le martre , il tra- • vailla à rétablir l'ordre , peur faire sentir le bonheur du gouvernement d’ün seul ».
C'eut alors qifGctave sut rejeter habilement sur Antoine et Lépide l'odieux des proscriptions passées; et comme sa clémence présente appartenait à lui seul , ce fut cette clémence , dont il a voit appris Fartifice de Jules- César „ qui opéra la révolution , et décida 5 bien plus eue Pharsale et AcîiunL de l’asservissement de" Funivers pour i S siècles. On croit îas de voir couler le sa ne; dans le Fo uni et autour de la
fUDurte aux harangues , depuis les Gracaues.
Tant d'exemples prouvent ce que je dis ois tout a i. neure ? quêta Clémence, distribuée avec sagesse 3 est la mesure la plus révolutionnaire , lu plus diîccce 5 au lieu que la terreur n’est que I sx Mentor d'un jour 9 comme f appelle si bien Cicéron ; Timor non dimurniis ma gis ter ojfïciL Ceux qui ont îu l’histoire, savent que c’est la terreur seule du tribunal de Jeffrey s et de Fa rmée ré vol titicniiaire que le major Kit ch traînoit à sa suite 9 qui amena la révolution de 1689.
Jacques II appeloiî en riant la campagne de Jeffrey s cette sanglante, tournée de son tribunal ambulant. Il ne prévoyoit pas que son détrônement terrai neroit la fin de cette campagne. Si on consulte la liste des morts , on verra que ce chancelier d'Angleterre ? qui a laissé un nom si abominable , étoit un petit compagnon en comparaison du gênerai ministre Ronsin , qu’on peut appeler ? d’après son affiche , Y Alexandre des bourreaux Çi).
(i) On sait que , dans la Vendée , Ronsin , comme le cardinal de Richelieu, se fai soir appe-
ler général ministre. One sa fortune
militaire ait
tourné la tête à ce point à un général inconnu aux soldats , qui ne pouvoit devoir les épaulettes étoilées qu’à son talent dramatique , et dont ce talent dramatique étoit si mince, que pas un de ses courtisans meut osé le comparer même à Pradon , sans s'avouer un flagorneur , la chose se conçoit ; la vanité et la bouffissure des prétentions étant presque toujours en raison inverse du mérite. Mais ce qui est inexplicable , c’est que celui qui, clans une affiche , dit qu’à Lyon ( dont la population est de 140 mille âmes j i5q.Q seulement ne sont pas complices de la rébellion, et espece qu'avant la fin de frimaire , tous les complices , et partant i385oo personnes auront péri , et que le Rhône aura roulé leurs cadavres ensanglantés jusqu'à Toulon , sans doute afin d’animer les Toulonnoisà
Citoyens collègues , il semble qu’un montagnard n’aui oit point a rougir de proposer les
se battre en désespérés , et àse faire tuer Jusqu’au «terni er , sur des monceaux de nos volontaires , plutôt que d’ouvrir leurs portes à un Ronsin : ce qui est inconcevable , dis-je , c’est que cet exterminateur soit un Darnaud en moustaches , qui faisoit des pièces sentimentales , et qui avoit pris LouisXII et même Lafayette pour son héros. Voilà ce qu’on ne pourront pas croire , si on ne savoit pas qu’ Alexandre de Phères, un des tape-durs de l’antiquité qui ait le plus fait pendre et brûler de gens , sanglottoit à la représentation d Iphigénie , ctquelesdeuxplus grands septembriseurs de Trust, snod. , Henri VIII et Charles IX ont été deux faiseurs de livres. Avant de condamner le courageux Bourdon de l'Oise, qui a osé le premier dénoncer Georges Bouchotte - je demande que les Jacobins se fassentlire la lettre que Philip p eaux a distribuée à la Convention . et celui-là ne pourra être qu’un b patriote d’industrie, un patriote d’argent, un patriote contre -révolutionnaire , à qui cette lecture lie fera pas dresser les cheveux à la tête. V oici un des portraits que Philippe aux a burinés.
Qu'a fait Ronsin , s’écrie-t-il , pour être général de £ armée révolutionnaire ? Beaucoup intrigué , beaucoup volé , beaucoup menti. Sa seule expédition est celle du :i8 septembre , où il fit accabler /\b mille patriotes par trm mille brigands ; cette journée fatal, s de Cttrow
mêmes moyens de sa hit public , que Brutus et Th, asibule , sur-tout si on considère qu’ Athènes se préserva de la guerre civile , pour avoir suivi le conseil de Thrasibule , et que Rome perdit sa liberté , pour avoir rejeté celui de Brutus. Cependant ie nie skrde bien de vous
présenter une semblable mesure. Arrière la motion d’une amnistie ! Une indu îgence aveugle et générale seroit centre - révolutionnaire. Du moins elle seroit du plus grand danger , et d’une impolitique évidente, non par la raison qu’en donne Machiavel, parce que « le prince doit » veisersur les peuples le mal tout à la fois 33 et le bien goutte à goutte » , mais parce qu’un si grand mouvement imprimé à la machine du gouvernement, en sens cônîraue à sa première impulsion, pourroit en briser les ressorts. Mais autant il y auroit de danger ■ et dympolitique à ouvrir la maison de suspicion aux détenus , autant l’établissement d’un comité de clémence. me paroît une idé grande , et digne du peuple
s il après avoir disposé noire artillerie dans une gorge , à la te te d'une colonne de six lieues de flanc , il se tint Gâché dans une étable , comme un lâche coquin , à deux lieues du chamb de bataille , où nos infortunés camarades étoient foudroyés par leyrs propres canins .
français, effaçant de sa mémoire bien des fautes, puisqu'il en a effacé le temps même ou elles furent commis es5et qu’il a créé une nouvelle ère, de laquelle seule il date sa naissance et ses souvenirs. A ce mot de comité de clémence 9 quel patriote ne sent pas ses entrailles émues ! car le patriotisme est la plénitude de toutes les vertus , et ne peut pas conséquemment exister là où il n’y a ni humanité , ni philantropie , mais une amc arride et desséchée par l’égoïsme.
r — p p ''l'Ç* Cf '
, c est a toi que j a-
dresse ici la parole; car j’ai vu le moment où Pitt n’avoiî plus que toi à vaincre , où, sans toi , le navire Arpo périssoiî , la Rcmibliqtie entroit dans le chaos , et la société des Jacobins et la montagne devenait une tour de Babel. O ! mon vieux camarade de collège , toi dont la postérité relira les discoms éloquens , scuviens-toi de ces leçons de l’histoire et de la philosophie : que l’amour est plus fort 5 plus du— râble que îa crainte; eue f admiration eî la reli— glon naquirent des bienfaits ; que les actes de clémence sont l’échelle du mensonge , comme nous disoit Terîullien, par lesquelles les membres des comités de salut public se sont élevés jusqu’au ciel , et qu’on n’y monta jamais sur des marches ensanglantées. Déjà tu viens de t pippro-
cher beaucoupde cette idée, dans la mesure que tu as fait décréter aujourd’hui, dans la séance du décadi 3 o frimaire. Il est vrai que c’est plutôt un comité de justice qui a été proposé. Cependant, pourquoi la clémence seroit-élle devenue un. crime dans la République } Prétendons - nous être plus libres que les Athéniens , le peuple le plus démocrate qui ait jamais existé, et qui a voit élevé cet autel à la miséricorde , devant lequel le philosophe Demonax, plus de mille ans après, faisoiî encore prosterner les tyrans. Je crois avoir bien avancé la démonstration que la saine politique commande une' semblable institution. Et notre grand professeur Machiavel 9 que je ne me lassé point de cher , regarde cet établissement comme le plus important , et de première nécessité pour tout gouvernement , le souverain devant plutôt abandonner les fonctions de comité de sûreté générale , que celles de comité de secours. Cest a lui seul sur-tout , recommande-t-il , que le dépositaire de la souveraineté. doit réserver ta distribution des grâces 9 et tout ce qui concilie la faveur 9 Laissant aux magistrats la disposition des peines , et tout ce qui est sujet aux ressentimens, ?
Depuis que j’ai commencé mon cours de politique , dans le Vieux Cor délier, un si grand nombre de mes collègues m’a encouragé par des abonn etnens , et m’a fait Hiomieur d’assister à •mes leçons , que me trouvant au milieu détint de députés, je me suis cru cette fois à la tribune même du peuple français. Fort des exemples de l’histoire et d\.s autorités de Thrasibuie , Brunis et .Machiavel, j ai transporté au journaliste la
liberté d’cp’rfon qur. appai tient au représentant du peuple à la Convention. J’ai exprimé par écrit , mes sentimens sur le meilleur mode de révolutionner , et ce eue la toiblesse démon organe et mon peu de moyens oratoires ne me permet pas de développer si bien. Si ce met de jubilé, que j’ai lisqué pour ne pas et: e plus impitoyable que Moïse, oui cependant étoït vin fîei exterminateur , et une machîKe infernale du calibre de Ronsln ; si, dis -je , mon ' comité de clémence paroi t à quelques-uns 'de nies collègues mal sonnant, et sentant le modérantisme ; à ceux qui me rem ochë.ont d’êt e modéré dans
ce numéro 4, , je puis répond e , par le temps qui court 9 comme faisoit Marat , quand 9 dans un temps bien différent , nous lui reprochions d’avoir été exagéré dans sa feuille : Fous n y entende £ rien ; eh mon Dieu ! laisses-moi dire , on n en rabattra que trop.
Ce Journal paroîtra deux fois par décade, chaque numéro aura plus ou moins de pages, selon l’abondance des matières , et l’indulgence de nies frères de la Convention et des Jacobins, pour les hardiesses de ma plume babillai de , et son indépendance républicaine.
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