‹ Le vieux Lachine [microforme]Chapitre 30 sur 61 · L'ANNÉE DU MASSACRE · texte numérisé non relu

L'ANNÉE DU MASSACRE

Ces désastres firent une telle impression sur la population que l’on donna à l’année 1689 le nom funèbre de l’année du massacre. Dans le registre de Lachine à la date du 23 mai,

1701, M. Rémy, qui fut curé de Lachine de 1680 à 1706,

(à part une absence d'un an en 1692), et qui avait été témoin des atrocités du 5 août, 1689, en parle comme du “jour de la destruction de Lachine!” Dans un mémoire adressé à madame de Maintenon, M. de Monseignut, le secrétaire de M. le comte de Frontenue, appelle à plusieurs reprises la journée du 5 août, le jour du “ saccagement de Lachine.” Le 22 mars, 1694, dans un mandement, Mur de St. Valier disait que “ayant été informé “ que depuis l'incendie et destruction de la paroisse de Lachine “ qui fut faite il y a quelques années par les Troquois, plusieurs “des familles qui auraient eu leurs maisons brûlées et autres ‘ de ce diocèse s'étaient retirés et habitaient le long de la rivière “ St-Pierre, il était nécessaire de pourvoir à les attacher à une “ paroisse, ete.” Ils furent en conséquence annexés à Lachine pendant quelques années,

L'effet du malheur de nos troupes fut désastreux. M. de Monseignat continue dans le même mémoire: “Nos sauvages alliez d'en haut étaient partis d'icy après le saccagement de “ Lachine, l'esprit plein de crainte et de détiance : ils n’avoient “ plus reconnu en nous ces mêmes François autrefois leurs “ protecteurs, et qu'ils avoient le pouvoir de défendre contre “toute la terre : il ne leur avoit paru qu'un assoupissement de “ notre part, nos maisons brûlez, nos habitans enlevez, la plus “ belle coste de notre pais ruynée entièrement et tout cela fait ‘ sans que l’on s’en fust ému.” La vérité est que sans l’arrivée du comte de Frontenac et de M. de Callières le 12 octobre 1689, les Hroquois auraient achevé la destruction de toute la Nouvelle-France.

(4) La Chenaye avait en 1683 une vingtaine d'habitations et 72 ames.

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