‹ Le vieux marcheur; roman dialoguéChapitre 6 sur 15 · RENÉ · texte numérisé non relu

RENÉ

LABOSSE.

Chez Labosse, rue du Vingt-Neuf-Juillet. Pauline et René sont seuls, V après-midi. Leur conversation paraît vraiment « vive et animée » .

pauline. — Tu ne veux pas?

rené. — Je neveux pas. Non et non.

pauline. — Et pourquoi ? petit mufle, puisque je t'aime?

rené. — Parce que.

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Pauline. — Je te déplais?

rené. — Pas du tout. Au contraire.

pauline. — Si. Dis-le. Je ne suis pas ton type?

rené. — Non. C'est moi qui ne veux pas être le vôtre. Vous avez mon oncle, gardez-le. Il doit vous suffire. Il est fait pour vous.

pauline. — Et s'il ne me suffît pas? S'il ne me suffit plus?

rené. — Qu'est-ce qu'il vous faut alors?

pauline. — Toi. Toi qui es jeune, fr

rené. — Pas si frais que ça. Vous exagérez.

pauline. — Frais... chic, épatant, et qui as Pair de me mépriser... à un point qui fait que je t'adore! Explique ça î Faut-il que je sois bote î

rené. — C'est ta passion.

pauline. — Mais tu t'en fiches bien de me voir des yeux blancs ! Qu'est-ce que tu as donc dans les veines, dis? C'est pas du sa pour sûr!

rené. — Je ne sais pas. .l'y al jamais dé. Je ne suis pas curieux.

pauline. — OuVst-ce qu'il faut qu

fasse pour te prouver la sincérité de mon amour ?

rené. — Me laisser la paix. Vous en aller.

Pauline. — Tout, excepté ça. Oh ! êtesvous assez méchants, les hommes, quand vous sentez qu'on ne peut pas se passer de vous!

rené, prenant son chapeau et se couvrant. — Allons, puisque vous ne voulez pas vous replier en bon ordre, c'est moi, madame, qui vais...

pauline. — Non. Ne pars pas. Encore un instant.

rené. — Alors, soyez calme, sacrelotte. Personne sur la terre ne m'apprécie mieux que moi. Je suis gentil, charmant, un beau petit biscuit d'homme, je ne dis pas le contraire. Mais enfin, vous ne me ferez jamais avaler que je sois si excitant que ça?

pauline. — Tais- toi. Tu ne sais pas ta force.

rené. — Demande bien pardon. Je l'ai essayée.

pauline. — Ta force, mon cruel chéri, elle est justement dans ton dédain, dans ton:

ce-que-je-m'en fiche !... dans ce que tu ne tiens pas plus à moi qu'à ton parapluie.

rené. — Je suis désolé d'être grossier, mais je tiens davantage à mon pépin, un beau petit parapluie-aiguille dont je suis tout plein fier.

pauline. — Va. Continue tes taquineries et tes méchancetés. De toi, rien ne me blessera.

rené. — Bonsoir, donc, ma borne dame. Bien des choses chez vous. (Fausse sortie.)

pauline. — Non. Pas encore. Une minute.

rené. — J'en ai assez. Ça m'embête. Je n'aime pas qu'on me viole.

pauline. — Causons.

rené. — Non. Vous avez une façon de tenir le dé de la conversation... Vous êtes la Sévigné des sofas !

pauline. — Je serai raisonnable. Je t.1 promets. Je vais être comme si j'étais la BQBur. Tu vas voir. Reste.

rené. — Soit.

pauline, avec explosion. — Pourquoi ne \ tu pas être mon amant de cœur?

commence?

pauline. — Ali : Je parle. Je suis loin de

toi, je ne te touche pas. Je ne fais que de te parler, bien posément...

rené. — Si vous voulez que je vous écoute il faut parler d'autre chose.

pauline. — De quoi, monstre?

rené. — Ce que vous voudrez, ça m'est égal. Parlons de l'alliance russe, du canal des Deux-Mers... Les sujets ne manquent pas! Tous, excepté... celui-là, l'amour. L'amour me rase.

pauline. — Je quitterai complètement ton oncle, là ! Et tu m'auras toute, toute à toi ! Es- tu content?

rené. — Encore moins. Ah bien, merci I Ah çà ! une bonne fois, comprenez donc ! Je ne veux pas de vous, ni avec d'autres, ni toute seule à moi. C'est pourtant clair?

pauline. — C'est impossible, ça n'est pas naturel. Il y a quelque chose là-dessous que tu ne me dis pas.

rené. — Tiens. Parbleu!

pauline. — Je veux le savoir.

rené. — Je vais finir par me fâcher.

pauline. — Fâche-toi. Démolis tout.

rené. — Une fois que j'aurai éclaté, vous

ne penserez plus (;a. Je suis terrible quand je rage. (Se ravisant soudain.) Mais non. Je veux rester froid comme une épée. Vous tenez à savoir la cause de mon refus?

pauline. — Inutile. Je me rends compte à présent. Je vois clair. Tu es un bon neveu, un neveu modèle, tu aimes ton oncle comme un père, et par un sentiment de délicatesse infinie et très raffinée, tu ne veux pas le trom; lui chiper sa maîtresse?

rené. — Pas ça du tout. Vous barbotez.

pauline. — Alors?

rené. — Écoutez-moi au lieu d'aboyer tout le temps. Non. La vraie raison, la voici, tout crûment! Ah! je serai brutal et je n'irai pas par quatre chemins, je vous en préviens!

Pauline. — Parle, parle.

rené. — Eh bien, j'adore mon oncle, en effet, je le vénère, et vous, je vous trouve ravissante et parfaitement déshonorais ment, à la seule pensée que vous sorti tiède encore des bi mon bon parent...

dame !... zut, zim taïla... ça me quoi !... et il n'y aura jamais rien d Dites que suis chipi.

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physique et plus fort que moi. Même dans ma famille j'ai jamais pu boire deux dans le même verre.

pauli^e. — Alors, c'est pour ça que tu refuses ? Pour ça ?

rené. — Uniquement.

Pauline. — Mais c'est foui ça n a pas de nom ! Je croyais que tu allais me fournir une raison sérieuse ?

rené. — Je suis ainsi fait.

pauline. — Sans compter que c'est pour moi d'une grossièreté !... Tu me donnes là le pire des soufflets. Jamais on ne m'a traitée ainsi. Je peux te le dire, mon garçon. Grâce au ciel, ilnem'arrive pas souvent de m'offrir... mais tu es le premier homme auquel je veux bien faire quelques invites et qui ne saute pas dessus.

rené. — Je ne suis pas un sauteur. Tant pis. Et puis, ne pleurez pas, vous vous rattraperez avec un autre, un autre qui ne sera pas le neveu de mon oncle. Ah ! si Labosse n'était pas mon oncle, je ne me le serais pas fait dire deux fois, allez ! Je vous aurais déjà mangée de caresses I

pauline. — Tais-loi. .Ne retourne pas le couteau. Je t'aime tant, si tu savais?

rené. — Je m'en aperçois ! Et ça me fatigue un peu.

pauline. — Du jour où je t'ai vu, la semaine dernière, à ce déjeuner que nous avons fait tous trois avec ton vieil oncle, paf ! j'ai été timbrée, toquée. Tout de suite j'ai pensé : « Ce gamin-là, je me le payerai ! » Et puis rien, tu me glisses dans les doigts ! Qu'est-ce que ça te fiche ? Ferme les yeux et laisse-toi faire.

rené. — Bigre non!

pauline. — Je ne te demande pas d'y mettre du tien, j'en aurai pour deux.

rené. — Tra la lai

pauline. — Ça ne durera pas. là! Après, je te rendrai ta liberté. Rien qu'eu passant. Un petit caprice, de tout mon cœur. Et ; après, plus rien, on se dira adieu cou: bateau, en agitant son mouchoir, » L on sera plus que des amis! Bons amis*

Ê . — Je vous assure que vous avez tort d'insister.

pauline. — Quelle roa

kené. — Gomme vous dites: une rosse qui ne veut pas se laisser monter.

pauline. — Eh bien, c'est ce que nous allons voir. Ça m'exaspère, à la fin.

rené. — Oh! De force? Manu militari! Oùs qu'est mon bouclier?

pauline. — Oui, mon petit, de force. Et je ne serai pas la première femme qui aie osé attaquer ! Et puisque tu manques de poil, c'est moi qui vais en avoir.

rené. — Pas de bêtises, Pauline, hein?

pauline. — Tu vois ce que c'est que de se montrer? Tu as peur, aussi tu m'appelles déjà Pauline ! Avant dix minutes, tu n'auras plus rien à me refuser.

rené. — A bas les menottes, ou je vous fiche des claques.

pauline. — Je ne les déteste pas, et ton oncle m'en donne souvent. Il les donne très bien. Arrive, imbécile.

rené. — Je casse un carreau... je.

pauline . — Tu le payeras, mastic et pose 1

rené. — ... Et je crie: Au voleur!

pauline. — En attendant... c'est moi qui te dévalise !... (Elle le prend dans ses bras. A ce

moment, la porte s'ouvre. Labosse paraît, regarde et s'arrête, en proie à une certaine surprise, puis il éclate:

labosse. — Ah ! les dégoûtants petits ingrats !

rené. — Bon ! (A Pauline, avec gaieté.) C'est raté, ma bonne fille.

labosse. — Ah dame ! ça c'est épatant ' inouï, c'est plus fort que déjouer au bouchon! Vox faucibus... Eh bien, mes enfants, je ne vous fais pas mes compliments. Vous êtes des saligauds, de purs saligau ls. Vous me refaites le coup de dom Ruy Gomez, jamais je n'aurais cru ça de vous ! Jamais !

rené. — Au contraire, mon oncle...

labosse. — Tais-toi. Laisse-moi exhaler mon dégoût. J'ai le droit d'exhaler. C'est bien le moins, et j'en use. Comment! Vous qi abouchés l'un avec l'autre, gentiment, méfiance... voilà que vous me tromp moi, dans mon propre nid ! Oh ! non !

rené. — Vous n'y êtes pas, mon om

labosse. — Je te demande pardon, J'y suis, et je le suis, rentre et je à jouer à pigeon-voie. Je n'ai pas !

d'en voir davantage pour être sûr de mon affaire.

rené. — Mais non. Je résistais. Je me débattais.

labosse. — Joseph? Connu. On ne me la fait pas.

pauline, à Labosse. — C'est la vérité, mon cher. J'en suis désolée pour lui, mais c'est la vérité. Oui, j'ai eu un béguin pour ce gosse, je lui ait fait des risettes...

rené, à Labosse. — Et moi je l'ai envoyée paître. Demandez-lui, mon oncle, si je l'ai remballée?

labosse, à Pauline. — C'est vrai?

pauline. — En plein, d'une façon ignoble

rené. — Ah!

labosse, à René. — En ce cas je te demande pardon. Cent fois, mille fois pardon. Les apparences, n'est-ce pas?... je t'avais condamné. Tout le monde à ma place...

rené, à Labosse. — Vous croyez toujours au mal.

labosse. — J'ai eu tort, j'en conviens. Encore une fois, dis que tu me pardonnes et que tu n'en veux pas à ton vieil oncle?

rené. — Sûr que je vous pardonne! Et même je vous remercie, je vous bénis!

labosse. — Parce que?

rené. — Parce que vous êtes entré à pic pour me tirer d'un mauvais pas, et m'éviter une sacrée corvée... tiens!

Pauline, furieuse. — Corvée!... Quoi? J'ai bien entendu? Répète ce mot, petit gredin.

labosse, à René. — Mais s'il n'y a rien entre vous, pourquoi diable te tutoie-t-elle?

rené. — Par anticipation, mon oncle. Elle est folle de moi.

labosse, peiné. — Toi, Pauline?

Pauline. — Plus maintenant.

rené, à Labosse. — Vous voyez, mon oncle? Elle l'était.

labosse. — Mais à quel propos, sacr (A Pauline.) René est gentil, sans . mais

qu'est-ce qu'il a de plus que moi? Quelques années en moins... à peine!

RENÉ. — C'est ce que je me tuais à lui dire : « Vous avez mon oncle. Quand

on a la vein( l'un au<si

Chic satyre, on a rien à vous cli ;s?

labosse. — Non, René. Je comprends le sens affectueux dans lequel tu le dis. Bien, cher enfant. Tu honores ton oncle, tu vivras longuement.

pauline, furieuse à Labosse, — Tu es par trop jobard, toi aussi. Alors tu t'imagines peut-être que c'est par respect pour toi qu'il m'a retapée, par cette chose de la pudeur... du sentiment de la famille... toutes les machines de l'Église, enfin? Tu te mets les doigts de pieds dans l'œil, mon pauvre vieux chéri. Non, c'est par répugnance de toi, par mal au cœur, pas pour autre chose. Comprends-tu? ce petit gringalet qui ne sait pas ce que c'est que l'amour, et qui y a tout au plus mis le nez, il se permet d'être dégoûté de toi!... Oui... que moi, ta petite mignonne, j'aie passé par tes mains avant les siennes, ça lui fait l'effet d'un cheveu dans le plat... d'une punaise dans le beurre... et il pense au fond de lui : « Les restes de mon oncle... brrou! j'aime mieux mourir! » Voilà. Maintenant, tu es renseigné.

labosse, pâle, à voix tremblante. — C'est faux... René... ce qu'elle vient de dire, n'estce pas? Sur la tête de ta mère qui était une

sainte, jure que c'est faux, que tu n'es pas dégoûté de moi?... que...

rené, gêné, — Au revoir, mon oncle.

labosse. — Tu ne réponds pas... tu romps les chiens... alors, c'est donc vrai? Ah! René! René! décidément tu es tombé bien bas! René, tu es perdu. Ainsi, me voilà frappé dans vous deux, dans tous les deux à la fois?

rené. — Mais non, saprisli, puisqu'il n'y a rien eu entre nous; rien, je vous dis... pas un brin!

labosse. — Ça m'est égal, à présent. J'aurais préféré qu'il y eût quelque chose. Oui. C'eût été moins blessant, moins humiliant pour moi. Je dirai presque, René, que tu m'as manqué de respect en cette circonstance... Tu as manqué de tout, d'ailleurs. Par pour moi, par déférence de jeune nom devais être heureux, et ménir lier, et in«' tirs flatté d'une occasion exceptionnel]* qui te faisait pour un instant mon su dis-jc? mon égal... Les

anciennes de Labosse!... Eh bien, mon rher garçon, je te souhaite d'en avoir toute la vi On t'en fieheraî... C'est-à-dire quelles sont

recherchées à Paris, et qu'elles font prime... Parfaitement! et demandées par les gens les plus chic, les plus honorables... Ça te renverse, mais c'est comme ça. Informe toi sur le marché. Il suffît, au contraire, qu'on sache qu'une femme a été un bout de temps sur mon traversin pour que ça la pose, et qu'elle ne soit plus inquiète d'arriver et de faire son trou. Toutes les miennes, tu entends, toutes sans exception, — et je te réponds qu'il y en a plus de cinq douzaines! — toutes, elles ont fait leur affaire. Je porte bonheur. Il y en a de mariées à des notaires, à des barytons, à des princes, à des planteurs de colonies... Toutes casées femmes honnêtes, avec de beaux enfants. Et leurs maris sont très heureux! Allons! nous vivons à une triste époque où tout dégénère et s'en va... la plus élémentaire politesse des jeunes gens pour leurs doyens... Je paye tes dettes, je te retire du pensionnat Sautille, je consens à ce que tu ne sois pas bachelier, je m'efforce de t'arracher à cette fatale passion du jeu, je te fais manger un fruit avec ma petite amie, mais en tout bien tout honneur naturellement! rien

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que pour t'enhardir... et toi, le jour où elle s'oublie un peu avec toi, — elle a eu tort, et ça sera son tour, tout à l'heure que je la gronde! — voilà l'injure blessante que tu me fais? Ah! sacredié de sacredié!... tiens, je ne te dois rien, moi, tu n'es qu'un gamin pour lequel je n'ai à avoir ni politesse, ni reconnaissance, eh bien! je te jure ma parole poivrée que malgré mon âge, moi, ton oncle, si tu avais une petite camarade qui m'ait ce matin, en ton absence, proposé un tour de bosquet, j'aurais marché, même si elle m'avait déplu à crier, et je ne t'aurais pas fait l'affront que tu m'as fait. Non. Ainsi, juge si tu m'as blessé? Maintenant tu peux déferler, je suis fâché avec toi.

rené. — Au revoir, mon oncle. (A Pau- Une.) Toi, tu ne remporteras pas en j

pauline. — Ce n'est pas là (René sort.)

labosse, à Pauline. — Toi, toi... autre chose! René m'a irrité. M. tu

m'as peiné. Tu n'es guère raisonnable. Où tu la tète? Tu ne d suite... quand il n'y a pas huit jours que tu

connais René. C'est une question d'honneur et de tact. Mais les femmes ne sentent pas ces nuances. Moi je les sens, et très vivement. Je suis un homme d'épiderme.

pauline. — A qui le dis-tu?

labosse. — Ah! je n'ai pas le cœur à plaisanter, je t'assure. Je viens de faire une cruelle expérience, j'ai éprouvé qu'on ne peut se fier à personne... à personne! Vois : je ne t'ai fait que du bien, et tu veux me tromper ! Je n'ai fait que du bien à René, et il est dégoûté de moi! Alors quoi? C'est la fin des mondes. 11 n'y a plus rien : ni affection de famille, ni amour charnel. Tout dérape et fiche le camp. D'ailleurs, c'est bien fait pour moi, c'est une sacrée leçon. Jusqu'à présent, par un reste d'éducation, et puis aussi les souvenirs d'enfance, élevé par un ancien prêtre... Ces choses-là ne s'en vont pas facilement... Jusqu'à présent, j'avais toujours tâché, dans la vie, de donner une grande place au cœur... Tu ne me croiras peut-être pas ? Les liaisons les plus courtes que j'ai eues... eh bien, je m'étais tout de même attaché. Voilà le remerciement. C'est une duperie. Aussi, à partir

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d'aujourd'hui, boucle, fini. Je vais devenir cynique et pratique comme les camarades. Ah ! mais! Jusqu'à tantôt, j'avais essayé d'être bon, tendre, affectueux et gentil. Une àme d'enfant, de petit enfant. Adieu! Maintenant je suis résolu à m'amuser et à faire la noce.

pauline. — Avec moi?

labosse. — Je ne sais pas. (Soudam grave.) Ou plutôt non. Pas encore. Plus l la fête. J'ai tout le temps. D'abord mon g* dont je ne m'occupe pas assez. Je suis sénateur, nom d'un chien! Il y a de quoi fain grandes choses, de bonnes et utiles choses. Ce grand peuple traverse une crise des plus attachantes!...

Pauline. — Je te connais. C'est pas la première fois que ça te prend comme <a, par à-coup. Toi aussi t'as des cri

labosse. — Cette fois, c'est sérieux. (Il sonne. Victor parait.) Victor, nous parlons ce soir. (Victor

l'ALi.iisK. — A ton château?

— Oui. Aux Tourn

l'Ai il m:. — Et d'i ;. — :

pauline. — Pas une petite caresse? Pas une tartelette?

labosse. — Pas.

pauline. — Oh! tu es méchant!

labosse. — Trop bon, oui. Allez- vous-en. Je n'ai plus de neveu, plus de maîtresse, plus rien. Je ne veux plus vous voir. Allez. Si j'ai envie de vous à mon prochain voyage, eh bien, la poste est là, je vous écrirai !

pauline. — Laisse-moi t'embrasser, au moins. Tes lèvres de corail.

labosse, se détournant. — Vous ne les méritez pas. Le front seulement.

pauline. — Pas le corail Alors l'ivoire?

labosse. — Oui. Adieu.

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