‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 119 sur 367 · LES MÊMES, MICHEL, HENRIETTE, EDMOND · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MICHEL, HENRIETTE, EDMOND

MICHEL, en dehors* Venez donc , venez voir mon jardin.

( // entre donnant la main à Henriette^}

AIR : Liurons-nous à la danse.

L'aspect de la campagne Me plaît et m'atieudrit ; Combien le cœur y gagne Comme ou sent doubler son appétit!

( Regardant au fond. )

Beau pays de Nanterre , Que j'aime tes coteaux , Ton air pur, salulaire.

Et tes petits gâteaux.

TOUS

L'aspect de la campagne

Lui j P^^^' \ T' ^^^^^^^^^ Etc., etc.

MICHEL , 5(? retournant vers la coulisse»

Papa Ducoudray , nous vous attendons ici avec votre chtire bile. Prenez garde de vous perdre dans mon laby-

rinthe . . . quand on n'a pas le fil. ( il rit.) Ah ! ah ! le fil ! . . pas mauvais. z HENRIETTE , avec îronîe.

Vous ne tarissez plus.

EDMOND

Comme une succession vous ouvre l'esprit!

MICHEL

N'est - ce pas , cousin. . . Je ne me reconnais plus moimême, quoique nous soyons très-forts à Montargis. . . nous autres prix fixes, nous avons de l'esprit... argent comptant; mais Fair de Paris et celui de la Bourse vous avancent diablement'

HENRIETTE

Vous VOUS lancez aussi à la Bourse ?

EDMOND

Avec la fortune actuelle ?

MICHEL

Raison de plus. . . il faut la doubler. . . c'est Pesprit du siècle , et surtout il faut aller vite. . . aussi , j'embrasse tout h la fois : spéculations , reports , primes, Dames-Blanches, canaux , Citadines , Omnibus ,Trycicles, . . Je suis de tout, je prends tout, et je réussirai, parce que je suis né pour la fortune. . . d'abord j'en ai le physique , de la fortune. . . l'air distrait et un gros ventre. . . avec çà , on ne peut pas se dispenser d'être millionnaire!

EDMOND

Grand bien te fasse , cousin , mais ce n'est pas là que je placerais mon bonheur.

HENRIETTE , soupirant. Ni moi non plus.

MICHEL

Bah! bah! vous vous y ferez , car cela vous regarde autant que moi , charmante Henriette.

HENRIETTE

Oh ! nous ne sommes pas encore mariés!

MICHEL

Cela viendra. . . plutôt que vous ne croyez. '

EDMOND , à part.

Il me fait trembler ! {haut.) Mais les affaires de la succession ne sont pas encore terminées.

MICHEL

Si fait, mon cher, j'entre en possession aujourd'hui. . . Vingt mille livres de rente î sans compter cette maison et une foule de marchandises pre'cieuses qui sont en de'pot au Havre , à ce que m'écrit M. Selmar , le correspondant de mon oncle. { se frottant les mains.) C'est vraiment agréable d'avoir des parens, quand ils se conduisent bien!

HENRIETTE

C'est singulier pourtant qu'il n'ait pas fait de testament!

MICHEL

Il aura e'té surpris , et puis , peut-être qu*à la Chine il n'y a pas de papier timbré. Vous me direz : un testament , çà se fait très - bien sur papier mort. . . enfin, le fait est qu'il n'y en a pas. Ce qui est fort mallieureux pour ce pauvre Edmond! c'est vrai. . . pour un degré de moins , j'ai tout l'héritage de plus.

EDMOND , regardant Henriette.

Ah! ce n'est pas ta fortune que je t'envie !

MICHEL

Parbleu , je sais bien. . . un médecin , un philosophe. . . c'est égal, je te pousserai, je te donnerai des malades. . . toutes les fluxions de poitrine de ma connaissance.

HENRIETTE , souriant.

Mais dites-moîdonc, M. Michel,vous n'avez aucune preuve de la mort de votre oncle, et tandis que vous vous emparez si gaiment de ses biens, s'il allait revenir. . .

MICHEL , un peu effrayé.

Picvenir ! . . . hein ? qui ? mon oncle !

HENRIETTE

Oui.

MICHEL

Laissez donc ! d'abord, il ne le peut plus.

EDMOND

Il ne le peut plus !

MICHEL , sérieusement.

Non , toutes les formalités ont été remplies. . . il y a jugement... ce serait une mauvaise chicane de sa part. ( hais" sant la voix.) n'est pas que quelquefois... j'en ai la

peur — Ou a vu tant de mauvais caractères lui surtout,

qui était si bisarrc, ce qu^on m'a dit du moins, car personne de la famille ne l'a jamais connu. Toujours enfoncé

^ans ses boites à tlié et ses magots . . . par sympathie , sans ilonte. Il paraît qu^il avait la figure la plus hétéroclité, une vraie tête de Mandarin de première classe.

GERVAis 5 paraissant de côté.

Là ! ayez donc des hériqoiers !

EDMOND

Pauvre oncle ! il est en bonnes mains.

MICHEL

Çà ne m'empêche pas de respecter sa mémoire; mais comme dit ce philosophe de l'antiquité. . . chose. . • n'im« porte lequel, ]e ne sais pas au juste. « On ne doit aux dé- » funts que la vérité. » Eh ! voilà le papa Ducoudrayjqui a visité le potager. C'est un amateur.

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