‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 132 sur 367 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

LES MÊMES , MICHEL 5 au fond,

MICHEL, à part.

Ouf! je suis en nage... mais tout est répare, {voyant Gervais qui arrose,") Mon oncle est là. . . à merveille! Il arrose, ce pauvre oncle ; c'est le moment de porter les grands coups.

DiTCOUDRAY , à ses enfans qui lui parlent h as. C'est inutile, Michel a ma parole, et je ne puis consentir

MICHEL , S* avançant.

Qu'est-ce que c'est , qu'est-ce que c'est , papa Ducoudray ? comment nous jouons les tjrans , les pères insensibles. . . nous désolons ces chers enfans.

DUCOUDRAY

Ah! parbleu! si vous saviez ce qu'ils me demandent.

MICHEL

Je m'en doute , ils s'aiment et . . .

EDMOND , avec colère.

Eh bien ! oui , Monsieur , et malheur à vous !

MICHEL , froidement.

Ah! cousin , un jeune homme bien élevé , un jeune homme de Paris, ce n'est pas honnête d'interrompre... laissezmoi donc Unir. . . Ils s'aiment, dis- je ! ( à Ducoudray,) ils s'adorent. . . vous les repoussez , et moi je les unis.

TOUS

Comment?

MICHEL, avec feu.

Croyez-vous donc que le trois pour cent m'ait desséchd

le cœur ! non î j'ai deviné votre amour. . . j'ai été te'moin de vos tourmens. . . et je n'ai pas balancé. ♦ . à faire un sacrifice que me prescrivait l'honneur. . . la nature. . . Tamitié et tout ce qui s'en suit. Je sors de chez le notaire ; le nom d'Edmond est sur le contrat à la place du mien* ( à part.) Bien heureux de l'avoir eu pour m^en tirer»

EDMOND

Quoi, tu me céderais Henriette. . .

MICHEL

Je vais signer le transfert sur-le-champ.

HENRIETTE

AIR : Vaudeville de la Robe et des Bottes, Que dites-vous , est-il possible?

MICHEL

Je ne suis point généreux à demi ;

Quand ou est humain et sensible , Sans inlérêt on oblige un ami,

( A Edmond , en lui présentant la main d'Henriette, )

Prends cette main qui devient ton partage, C'est un marché que J'ai fait en ton nom ; Et je ne veux , suivant l'usage ,

( Il baise la jnain d"* Henriette. )

Que mon droit de commission.

( pendant ce couplet, Gervais est sortie en traversant le Théâtre ^

pour aller remplir ses arrosoirs.)

DUCOUDRAY, attendri.

C'est superbe, mon cher ami; allons, je me rends... Mais nous ferons toujours notre fabrique?

MICHEL

Oh l non , par exemple , c'est impossible !

DUCOUDRAY

Et nos plans qui sont tracés.

MICHEL

Çà m'est égal.

DUCOUDRAY

La pompe h feu ?

Le Défunt, 6

MICHEL

Je m'en lare les mains. . . mais je n'irai pas disposer des Liens d'un oncle qni respire encore.

TOUS

Qu'est-ce qu'il dit donc?

MICHEL

Ce n'est pas une illusion. , . je le reverrai. . . oui. . . cet oncle clie'ri va reparaître, il n^attend que le moment de se jeter dans mes bras. ( à part, en regardant de côté. ) II ne veut pas paraître , est - il entêté ! ( pUis haut. ) Entends ma voix , cher oncle ! ( il aperçoit Gervais du côté opposé. ) Ah ! le voilà par ici.

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