SCÈNE ÏX
LES MÊMES, TOURTEMBEC.
TOUàTEMBEC.
Monseigneur , ce sont les musiciens et troubadours nomades que vous attendiez pour votre mariage ; ils se disent envoyés par le grand E.obin-des-Bois.
OURSICOFF.
Mon respectable oncle! j'aurais dû m'en douter h cette valse de famille. Qu'on les introduise avec tous les égards dûs h des artistes. Qu'on les fouille d'abord.
TOURTEMBEC.
"C'est déjà fait.
BABIOLE , à part. Je devine ! c'est mon cher Nigoding. Dieux! pourvu qu'il n'ait pas gardé ma lettre sur lui !
TOUPEITEMBEC.
Les voici !
( Tourtemhec a fait un si^nc , on introduit Bcttembett, Nigoding et Godichmann. )
SGÈm X.
LES MÊMES; NIGODING, en femme , portant une harpe ^ suspendue en sautoir i BETTEMBETT , déguisé et jouant du lambourde basque^ GODICHMANN , en turc , et donnant du cor y Suite.
( Musique.)
NIGODING , reconnaissant Babiole , et bas à Bettembett. C'est elle!
BETTE MBETT, .
Pas de bêtises , compte tes panses , et vas en mesure.
j/UGOBiiHQ ^ bas à Godichmann.
C'est elle î mon ami.
GODICHMANN , baS.
Ne me ponssez donc pas le coude, ça me dérange ie cor !
{La Musique cesse.)
OURSICOFF.
Salut , aimables artistes.
BABIOLE, à part.
Mon cœur ne m'avait pas trompe'! cette femme est mon mari.
BETTEMBETT.
Magnifique OursicolF, nous te remercions de l'accueil distingué qu'on nous a fait. Mais nous ne nous attendions pas à trouver à ta porte des employés de la douane.
OURSICOFF.
Comment, les insolens se seraient permis. . . Qu^est-ce qu'on vous a pris ?
BETTEMBETT.
Entr'autres inutilités. . . mon mouchoir de poche.
NIGODING , d'une voix forte.
Et une tabatière. . . qui m'est indispensable pour entretenir la fraîcheur de ma voix.
OURSICOFF , le regardant d'un air de défiance. Oh ! oh ! pour une femme, voilà un organe bien fort»
BETTEMBETT.
C'est une voix de conts'alto.
( 20 ) NIGODING.
Seigneur. . . en Italie , c'est l'usage. . . on voit des jeunes filles qui ont des voix de Stentor ; et des gros garçons bien nourris, qui ont des voix de demoiselles.
OURSICOFF^
C'est juste.
TOURTEMBEC , donnant la tabatière à Oursiçojf* Voici la tabatière en question.
OURSICOFF , la prenant.
C'est bien; sachons d'abord quels sont vos talens , et ce que vous pouvez faire pour amuser ma société.
bj:ttembett.
Tout ce qui vous sera agréable , Monseigneur. S^vCï-vous l'Italien?
OURSICOFF.
Non.
GODICHMANN.
Bien , nous vous chanterons de Tltalien.
IWGODING <f faisant une roulade.
Oh ! oh ! oh oh ! pieta ! félicita !
BETTEMBETT.
Savez-rvous l'Anglais?
PURSICOFF.
Du tout !
NIGODING.
Ah ! que c'est heureux. . . nous vous jouprons une tragédie anglaise.
OURSICOFF.
Mais je n'y comprendrai rien , . .
BETTEMBETT.
C'est égal, vous aurez l'air de vous amuser, et vous applaudirez de confiance , ce sera comme à Paris.
GODICHMAIïîî.
Enfin , si vous l'aimez mieux , nous pouvons offrir à vos regards une troupe de danseurs , d'autant plus étonnant , que ce sont tous des quadrupèdes, volatiles, reptiles, poissons et autres cétacés. . . aussi instruits que vgus et moi.
OURÇICOFF.
Ce doit être fort curieux. Parbleu ? en ma qualité de chasseur, je donne la préférence aux animaux. ( A Babiole. )
Asseyons-nous , charmante Babioie ; et vous , commencez , artistes nomades.