‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 160 sur 367 · NOÉMI, ESTELLE , DOUCET · texte numérisé non relu

NOÉMI, ESTELLE , DOUCET

( Doucet porte deux grands sacs de papier ficelés. ) ESTELLE.

Soyez le bien venu , Monsieur Doucet.

DOUCET , avec an empressement ridicule.

Salut, Mesdemoiselles. Monsieur votre père. ., . notre respectable maire, n'est pas encore arrivé ?

ESTELLE

Nous l'attendons aujourd'hui.

DOUCET

Je le sais. C'est pour cela que je viens Je voulais

être un des prenriiers à le saluer.

ESTELLE

Mais, dites-moi donc, Monsieur Doiicet. . . . vous qui êtes un homme d'esprit depuis votre voyage de Paris. . .. vous qui savez tout, pourriez-vous nous dire quel est le régiment qui vient de passer sous nos fenêtres?

DOUCET

Permettez, charmante espiègle; d'abord, ce n'est pas là un régiment ; c'est tout simplement une petite colonne de soldats blessés qui reviennent de Russie.

woÉMi, avec empressement et intérêt.

De Russie î

DOUCET

Des glaces du Nord! oui, Mademoiselle. Il y faisait

chaud ! J'en sais quelque chose moi qui lisais tous

les bulletins. Faits prisonniers dans la fatale retraite de l'année dernière, ces soldats ont été rendus à la liberté après leur guérison, et ils retournent k Mont-Louis, où est le dépôt de leur régiment. Hé parbleu, c'est celui où servait M. Gustave.

NOÉMI

Gustave!

ESTELLE

Ce jeune officier si aimable, dont tu m'as tant parlé depuis deux ans?

lîoÉMi , baissant tes yeux.

Estelle !

DOUCET

Ne VOUS en défendez pas, charmante Noémi. . , ne vous en défendez pas. C'était un fort joli garçon, aimable, brave , bien fait pour plaire assurément. Je me suis laissé dire dans le temps que la femme du Sous-Préfet ne le voyait pas d'un œil indifférent.

NOÉMl , avec un dépit caché.

Quelle idée !

ESTELLE

C'est vrai , je l'ai entendu dire au parloir.

DOUCET

Vous voyez! cela est arrivé jusqu'au couvent! après cela ce n'était peut-être pas vrai. On est si bavard , si médisantl La province. . . , c'est si petite ville ! D'abord, ce qui me ferait croire que ça n'était pas. . . . c'est que je connais une autre personne. . . de ma connaissance intime. . . ( relevant sa cravate ) qui avait quelque raison de penser que Mad. la Sous-Préfète. . . hum !.. Du reste, ça ne fait aucun tort à M. Gustave, qui était un fort aimable jeune homme.

NOÉMi , qui a paru souffrir beaucoup.

Qui était, dites-vous.... Est-ce que vous penseriez?....

DOtJCET, secouant ta tête.

Ma foi, Mademoiselle, cette campagne a été si désastreuse, qu'il y a lieu de craindre que ceux qui n'ont pas rejoint leurs drapeaux ou leurs foyers...

ESTELLE

Hé bien, Noémi, qu'as-tu donc? comme le voilà pâle ! NOÉMI, troublée.

Rien... rien. La vue de ces pauvres gens... le souvenir de nos malheurs... Permettez-moi de me retirer un moment.

ESTELLE

Oui, va, le grand air te remettra. Veux-tu que je t'accompagne?

NoisMi.

C'est inutile. Pardon, Monsieur. ( Elle sort d gauche» )

iMMvvvi>i/vvtvvv>vvv\vvv\vi/v\v«/v\vvv\>vvv«v4/v\'Vvv»vvvvvvv^vvv«iv»nr <w«.'«xfwi

Page 1