SCENE XI
KOÉMi , seule.
( Elle s'assied et baise à plusieurs reprises la lettre de Gustave , la presse sur son cœur et l'ouvre ). La première depuis près de deux ans - Aussi , que de larmes ! . . ( Elle Ut. )
« Chère Noémi , tu connais nos désastres. Nous c avons cessé d'être invincibles. Pour être digne de « toi , pour obliger ton père à réaliser le projet d'union « formé par notre excellente mère, j'ai bravé mille « dangers, je voulais des honneurs, des titres ou la mort. « J'ai reçu les premiers de la main même du chef. . . Quant « à l'autre, je deviendrai sa proie, si l'amour ^'opère un a miracle en ma faveur. Selon toute apparence , quand tu « recevras cet écrit, ton malheureux amant aura cessé « d'exister... Hélas! pourquoi mon départ précipité ne « m'a-t-il pas permis de te nommer mon épouse devant la « loi? C'était un devoir, une dette sacrée pour un honnête « homme. Si la mort me frappe en ces lointains climats.
a je veux du moins que cette lettre*te serve de titre pour o réclamer mon héritage. . . Je te le donne , il t'appartient a comme à mon épouse légitime. Adieu, pense quelqueff fois à celui. . . » {Elle sanglotte ). Je ne puis achever. . . Cher Gustave, qu'ai-je à faire de ces dons? c'est toi, c'est ta présence que je désire. . . Mais ton fils. .. Pour lui je dois les accepter. Quels seraient ta douleur et tes regrets , si tu savais que ce gage de ton amour , déshérité dès le berceau, sans famille, sans nom, sera méconnu, rejeté du monde !. . Oh ! ma mère ! ma mère ! si du moins vous étiei là pour me diriger, pour m'aider de votre expérience, de vos conseils!. . Des conseils ? ah! je n'en dois recevoir que de mon cœur. Epouse et mère , ma place est auprès de Gustave. Il faut tout quitter, patrie, famille; oui, je partirai. ( Elle sanglotte ).
*%nn^\/\ri «/«rvut/vv- ^/V« VW'^ VVIA'VWX VVV ««rtuVl VVV\ fcVV'i'VV»-"» VVV»'VW»V\'V»VVV» Vl**»