SCÈNE XH
NOÉMI, ÎESTELLE, BRKiiTTE.
ESTELLE, ouvrant brusquement la porte du fond â droite
Oui, ma tante, elle est au salon.
NOÉMi, vivement et à part.
Quelqu'un ! ( Elle cache la lettre dans son sein, essuyé ses yeux se lève et fait quelques pas au-devant de Brigitte. ^ BRIGITTE , en entrant.
Bonjour, mon enfant, sais-tu qu'il y atrois grands jours que je ne t'ai embrassée. ( Elle embrasse Noémi au front, et la. regarde fixement). Qu'as-tu donc, Noémi ? Tu as pleuré.
T^oÉWi , bas.
Ma tonte, ( Elle indique Estelle ).
BRIGITTE , avec bonté et finesse.
Bien. . . je comprends. Estelle, laisse-nous un moment. Je voudrais causer seule avec Noémi.
ESTELLE, boudant.
Oui, ma tante... part). On me traite toujours comme une petite fille. C'est humiliant. ( fl'aaf ). Je reviendrai bientôt ?
BRIGITTE
Nous t'appellerons.
ESTELLE , revient sur ses pas.
Ma tante, je ferai tout ce que vous voudrez.
BRIGITTE
Je l'espère.
ESTELLE
Mais c'est à une condition.
BRIGITTE
Qu'est-ce que c'est. Mademoiselle, vous mettez des conditions à l'obéissance ?
Oh! dites oui, matante, ça me fera grand plaisir... oui. . .hein ! oui ?
BRIGITTE
Non, non, il faut que je sache auparavant. Je ne m'engage pas ainsi.
ESTELLE
Je voudrais rester encore aujourd'hui à la maison, on danstra demain sur la pelouse pour fêter le retour de papa , je présiderai l'école d'enseignoment mutuel, cela m'airusera beaucoup , je distribuerai les prix, vous m'enverrez chercher le soir. . . hein ? ma petite tante. . . voulez-vous ?
BRIGITTE , l'embrassant.
Enfant gâté , tu sais bien que je n'ai jamais le courage de te résister.
ESTELLE , baisant les mains de Brigitte. Merci! merci ! c'est toujours autant de gagné.
( Elle sort. )
S€EME ,1111e