SCÈNE XV
MICHEL, NOÉMI, BERNADILLE.
NOÉMi, au fond, en regardant sa tante et sa sœur qui s'éloignent.
Mon Dieu! donne-moi la force...
(Elle revient en scènci) MICHEL, ouvrant la porte vitrée.
On peu t-y entrer?
NOÉMi, effrayée.
C'est toi, Michel?... Il ne fallait pa3 venir avant d'avoir reçu ma réponse,
MICHEL, toujours sur le seuil de la porte^ la main â son chapeau.
Pardon, excuse, Mam'zelle. vous avions fait dire que j' désirions vous voir tout d' suite.
NOÉMI
Eh bien ! oui; mais en ce moment mon père arrive.
MICHEL
J*ons ben pensé qu' ça vous contrarierait; mais j'ons pas pu faire autrement : gn'y a pas moyen de retarder. Par bonheur encore qu' j'ons trouvé la porte du verger ouverte; ça nous a abrégé tout plein , et pis ça fait que j' n'ons été vus d' personne dans 1' village.
NOÉMI
Quel motif si pressant?... Mon fils serait-il malade?
MICHEL
Non, Dieu merci! la pauvre petite créature se porte comme un charme. Au moment où c' que j' vous parle, not' femme le dépose dans vot' chambre.
(Il montre la porte de droite par laquelle Bernadille vient en scène.)
KOÉMI.
Dans ma chambre? Quelle imprudence! Mais qu'est-il donc arrivé ? vous me faites trembler.
MICHEL
Faut être juste, y gniad'quoi. Je venons donc,]\Iam'zelle..