BERNA.DILLE
Paix, laisse-moi conter ça à mam'zelle.» Ce n'est pas l'embarras. .. je n' sais comment m'y prendre. C'est qu'on est venu. . . on nous a dit. . .
MICHEL
Et ça n'iaisse pas que d' faire peur, voyez-vous.
BERNADILLE.
Mais tais-toi, tu n'expliques pas ben.
MICHEL
Ni toi non plus.
NoÉMi s dans la plus grande anxiété. Vous me faites mourir.
BERNADILLE.
(Pendant son récit, elle regarde tour-à-tour Noémi et Michel. ) Y'ià qu'm'y v'Ià, Mam'zelle.
MICHEL
Hier, pendant que j'raccommodions mon filet. . .
BERNADILLE.
Et que j' taillais la soupe , il est venu cheux nous un homme. . .
MICHEL
Non, un monsieur.
BERNADILLE.
C'est la même chose. J* crois ben que j' le connais.
MICHEL
Et moi aussi.
BERNADILLE.
Quoiqu'çà je n'me souviens plus d'son nom.
MICHEL
Ni moi non plus.
NOÉMI
Ayez pitié de mon tourment.
Dam! j' faisons d' mon mieux, Mam'zelle. Tant y a qu' et' homme, c'est comm' qui dirait un faiseux d'projets.
TÎOÉMI.
M. Doucet. . . . peut-être ?
MICHEL
G^est ça, M. Doueet. J'te l' disais ben.
BERNADILLE.
Tu m'impatientes ! Juste , Doucet. . . bête et bavard.
NOÈMI.
J'ai tout à craindre de lui.