‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 173 sur 367 · ESTELLE, BRIGITTE, NOÉMI, M. DUPONT, ALBERT, DOUCET · texte numérisé non relu

ESTELLE, BRIGITTE, NOÉMI, M. DUPONT, ALBERT, DOUCET

M. DUPONT , serrant Noémi dans ses bras.

Chère Noémi ! en ne te voyant pas avec Estelle, je craignais que ta santé. . . Je ne me trompais pas. ... tu parais souffrante.

NOEMI.

Il est vrai, mon père ; mais votre présence me rendra tous les biens à la fois.

BRIGITTE

Votre voyage a été heureux, mon frère ?

M. DUPONT

(Xui. On m'avait effrayé légèrement sur ce banquier de Bordeaux, chez lequel j'ai placé la plus grande partie de mes fonds. Ses affaires sont dans le meilleur état.

BRIGITTE

Tant mieux.

M. DUPONT

C'est vous, monsieur Doucet, qui m'avez donné cette alerte.

DOUCET

Pardonnez à mon zèle, j'avais cru vous rendre un bon office.

M. DUPONT

Tous m'aviez dit aussi que mes troupeaux de mérinos étaient atteints d'une maladie contagieuse. Vous en paraissiez tellement certain, que je suis accouru en Catalogne; heureusement je les ai trouvés en parfaite santé.

DOUCET

L'amitié s'alarme aisément. ^

ESTELLE

Est-ce votre amité pour les mérinos ou pour papa ?

DOUCET

Ah ! Mademoiselle !. . . vous m'avez juré une guerre. . . à moit.

M. DUPONT

Quant à vous, mon cher Albert, je ne puis trop vous féliciter de tout ce l'on m'a dit d'avantageux sur votre compte i Bayonnc. Je me réjouirais de ce long voyage. . .

DOUCET

Mais pas trop long.

C'est poli.

DOUCET. j

Je veux dire que l'absence de monsieur votre père n'a pas été trop longue , eu égard au chemin qu'il a parcouru. Traitez-moi, je vous prie, avec plus d'indulgence.

M. DUPONT

Allons, Estelle, tu abuses... Je disais donc, mon cher Albert, que je n'avais qu'à me louer démon voyage, puisqu'il m'a offert l'assurance de tous vos mérites. En père qui compte pour rien la fortune, quand il s'agit du bonheur de ses enfans, je ne devais pas céder aveuglément à l'estime que vous m'avez inspirée , mais je suis satisfait des informations que j'ai prises ; le résultat en est tout-àfait honorable, et je pvenso que maintenant vos désirs n'éprouveront plus d'obstacles. Chemin faisant , j'ai rencontré mon notaire; je suis convenu de tout avec lui^ Si Noémi y consent , nous pourrions signer votre contrat de mariage demain.

ffoim, à part.

Demain! juste ciel! c m 'j.>

BRIGITTE, bas-.

Ne te tourmente pas.

M. DUPONT

Demain est un grand jour pour le canton. Nous avons^ l'assemblée des électeurs pour la nomination d'un député.

DOCCET,

Tous les partis seront en présence.

• M. DUPONT

Vous vous trompez, M. Doucet, il ne peut plus y en avoir, il n'y a vraiment plus qu'un parti en France , celui des amis du bien. Tout le monde veut la paix,,, le règne des lois , le respect des personnes et des propriétés. Il n'est permis qu'aux méchans de n'être pas de ce parti-là.

DOrCET.

C'est égal, je cabale pour vous, M. Dupont. C'est convenu. C'est dans cette intention que je distribue des douceurs à toute l'assemblée.

ESTELLE

Quelles douceurs !

M. DUPONT

Gardez-vous en bien , ce serait me rendre et à l'Etat un très-mauvais service. Les suffrages doivent se porter sur le Président du tribunal. C'est un homme intègre , impartial, énergique, ami des lois et de la vérité ; il tiendra dans la Chambre une place distinguée. Quant à moi, suffisamment honoré de la confiance de mes concitoyens , nommé maire de la ville de Prades, je n'étends point mon ambition au-delà de mon petit arrondissement. Si j'y puis être utile , si je puis rendre heureux mes administrés , je croirai avoir rempli ma tâche dans la société, r> c'est là que se bornent mes vœux. { A Albert ). A propos de mes administrés , mon ami, vous aurez à me rendre compte de ce qui s'est passé pendant mon absence.

,t DOTJCET.

En général, on pense très-bien dans notre département.

Adieu , mon frère , je viendrai vous voir demain.

M. DUPONT

Sans adieu, ma sœur.

ESTELLE

Adieu , ma tante.

( Brigitte sort , après avoir embrassé sea nièces. Noémi suit sa lan{c , vt va Horlir avec (îlle, mais « lie revient avec effroi en voyant son p^Tfl s'avancer vers la chambre de droite. )

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