SCÈNE VI
Les mêmes , plusieurs SOLDATS accourant de la gauche et se parlant les uns aux autres.
les soldats , entre eux et ai^ee joie. Il serait possible I ...
PATERNICK.
Ils m'ont entendu ! voilà déjà la peur qui les galoppe !..
LOUISE , courant à Dominique.
Qu'y-a-t-il donc ?...
DOMINIQUE, ai^ec transport.
Ils approchent...
LOUISE effrayée.
Les Russes ?
DOMINIQUE^ bas.
Non... les Français !... grâce au ciel! Meunier s'était
trompé ... et tenez ( montrant la gauche ) regardez là-bas. . . {s' essuyant les yeux) voyez-vous , les uniformes bleus ?...
LOUISE
Je respire!...
PÀTERiNiCK., de loin et remarquant leur agitation. Pauvre gens... ils se voient pincés !... ça m'fait de la peine I...
DOMINIQUE , à Louise.
Faites vos adieux à M. Paternick !
LOUISE, reç'enant près de Paternick.
Oh! que je suis contente !...
PATERNICK.
N'est-ce pas, chère amie^ que je suis arrivé bien à propos ... pour vous délivrer? mais n'allons pas faire encore quelques bêtises. ( L'attirant de coté. ) Mettez-moi au courant de leur position! vous avez tout observé ?...
LOUISE ^finement.
Oh! oui?...
PATERNICK.
Faites-moi vite votre rapport.
LOUISE, mystérieusement.
Chut!., d'abord, je ne les ai pas quittés d'un moment...
PATERNICK.
Très-bien !
Je me suis attachée. . . particulièrement, au jeune homme.
PATERNICK.
Je vous l'avais recommandé ! . . .
LOUISE
Et comme il m'a fait la cour...
PATERNICK, se frottant les nicins.
Je l'espérais parbleu bien.
LOUISE
Et qu'il a toujours causé avec moi...
PATERNICK.
Yous n'avez rien oublié de ce qu'il vous a dit?
LOUISE , «m; intention.
Ah ! j(; ne l'oublierai jamais !... j'ai fait une découverte qui va bien vous étonner...
PATERNICK.
Du tout... rien lu; m'étonne , ma chère.
LOUISE
Je me suis aperçue que... ce jeune Français...
PATERNICK.
L'hussard?...
LOUISE , hésitant.
Etait... plus aimable que vous.
Bah!
LOUISE
Plus jeune...
PATERNICK.
Allons donc, espiègle...
LOUISE
Qu'il avait défendu ma mère , qu'il était brave , sensible, généreux...
PATERNICK.
Vous avez découvert tout ça?
LOUISE
Bien mieux : j'ai la certitude qu'il m'aime... et pour épier ses démarches , pour bien savoir tout ce qu'il fera , je vais partir avec lui.
PATERWICK.
Comment!...
LOUISE
Oui , dans votre intérêt , et pour vous tenir au courant, je vais le suivre en France , et je ne le quitterai de ma vie !...
PATERN1CK, Stupéfait.
C'est là votre dernier rapport?...
LOUISE
Absolument.
PATERNICK.
Et vous croyez qu'on vous laissera exécuter votre plan?. . DOMINIQUE, lui frappant sur Vcpaulc de Vautre côté. Qui est-ce qui s'opposera, paour?
PATERNICK, s^ encourageant.
Moi, jeune imprudent !... moi, Bazile-Ivan Paternick !.. car à la fin je sortirai de la modération !... Transplanter cette jeune fleur du Nord, dans votre pays qui est une véritable serre chaude!... mais , malheureux... ça ne prendra pas!...
DOMINIQUE
Ca me regarde.
PATERNICK , hors de lui.
C'en est trop!...
Air : Ces postillons.
Puisqu'on me fait un tel outrage , Eh ! bien , bas les armes, Français î
DOMINIQUE , riant.
Est-il fou ? quel est ce langage ?
PATERNIGK.
Vous êtes pris dans mes filets j {his.\ Oui , mon armée est là tout proche , Eir va paraîtr', j' n'ai qu'à dire deux mots. MEUNIER, vivememt.
N'y a pas d' danger qu'elle s'approche, [Montrant la droite. ) Car voici nos drapeaux. [bis.) [ On entend plusieurs cris a gauche , et le tambour battre^ la marche. )
PÂTEUNicK, surpris.
Qu'est-ce que c'est?...
MEUNIER
Les Français !...
PATEKNICK.
Oh!... {Otl entend des cris à gauche : France! France!) MEUNIER , hors de lui»
Les voilà!...
TOUS , mettant leurs bonnets au bout de leurs fusils. France !, . .