‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 6 sur 367 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ALPHONSE , vêtu en vieux : il sort de l'app&rtemeni à droite en grande toilette, MATHILDE.

MÀTHILDE.

Ah ! monsieur. . . venez vite , je vous en prie,

ALPHONSE , souriant.

Vite. . . c'est un peu difficile pour moi . . . ma chère Maihilde... pardon^ je vous ai fait attendre... vous, vous êles jolie tout de suite . . . mais à un vieillard, il lui faut dutems...

« Pour réparer des ans l'irréparable outrage ; »

enfin , me voilà en costume de marié, tout comme un autre . . . qu'avez-vous? vous paraissez agitée .f*

MATHILDE

C'est vrai, j'ai bien du chagrin. . ,

ALPHONSE , avec bonté.

Contez-moi cela tout de suite . . . ma chère amie , pour que j'en aie aussi.

MATHILDE

Cette bonne tante, dont je vous ai si souvent parlé. . » ALPHONSE.

Madame de Linsbourg ? . . . elle est arrivée, m'a-t-on dit...

MATHILDE

Oui; et elle vient de repartir sur-le-champ.

ALPHONSE

Comment ?

MATHILDE, avec embarras.

Elle s'est fâchée , je ne sais pourquoi elle a des préventions contre le mariage, elle n'aime que les jeunes gens . . .

Je comprends. . . cela veut dire qu'elle n'aime pas les vieillards.

MATHILDE

Oui , monsieur...

COMÉDIE- VAUDEVILLE. l5

ALPHONSE

Et vous qui avez été élevée par elle , partagez-vous ses sentimens sur la vieillesse ? . . .

MATHILDE

Non ,monsiçur. . .

^IR : P''os maris en Palestine.

Je la respecte et l'honore, Et je pense , en ve'rité , Qu'on lui doit bien plus encore Quand , chez elle , esprit , bonté , Changent ^'hiver en été.

ALPHONSE

Savoir vieillir sans trop déplaire Est difficile , je le sens.

MATHILDE

Ah! pour moi, quand viendra ce tems...

Je sais ce qu'il faudra faire :

Je vous regarde. . . et j'apprends.

Et quand ma tante vous connaîtra mieux, elle sera comme moi. . . mais pour cela , il faut qu'elle vous voie. . . et si elle s'en va. . .

ALPHONSE

Soyez tranquille, je me charge de la calmer; nous irons tous deux lui faire visite.

MATHILDE

Oh ! que vous êtes bon , monsieur ! C'est que , dans deux heures, elle aura quitté Dusseldorf.

ALPHONSE

J'irais bien tout de suite. . . mais c'est que tout est disposé pour notre mariage. . . on nous attend. . . et quand on vieillit on devient un peu égoïste , et surtout très-pressé.

Aia : Muse des bois.

Prêt à former cet heureux mariage , Je craindrais trop de perdre un seul moment ; Car le bonheur est , hélas ! à mon âge , Un vieil ami qu'on voit si rarement!

De sa visite alors qu'il nous honore , Vite ouvrons— lui. . . dès qu'il vient d'arriver, . ,

MATHILDE

JjC lendemain il peut venir encore.

ALPHONSE

Oui, . . mais il peut ne plus nous retrouver.

l6 V, LE VIEUX MARI,

Ainsi permettez que d'abord je m'assure du litre de votre époux . . . Après la cérémonie» je vous conduirai chez votre tante , et je suis bien sûr qu'elle consentira à venir vivre avec nous.

MAIHILDE.

Il serait possible !

ALPHONSE

Cet arrangement vous plaît-il ?

MAÏHILDE, souriant.

Eh mais , il faut bien que je m'essaie à vous obéir , monsieur.

ALPHONSE, lui baisant la main. Non, non, jamais, chère Mathilde. C'est moi qui veux suivre vos ordres, deviner vos désirs, et... Qui vient \k?..,

MATHILDE

Victor, qui paraît avoir à vous parler.

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