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Et si Ton veut savoir combien Coûtera le port d'une lettre.
Chose qu'il ne faut pas obmettre.
Afin que nul n'y soit trompé.
Ce ne sera qu'un sou tapé.
Ce n'était certes pas cher * .
Il ne faut pas oublier do remarquer dans cette plate, mais exacte déOnition, le mot paquet qui s'y trouve à la huitième rime ; il est à lui seul un détail très-important. Il donne à penser, en effet, que la petite poste de 1653, plus perfectionnée que la nôtre de 1858, ne se chargeait pas seulement des lettres, mais des menus bagages. Ses employés étaient tout ensemble facteurs et commissionnaires ".
1 Quand Chamousset la rétablit, ce tarif fut d'abord conservé. Voltaire l'appelle pour cela la poste d'un sou. {Lettre à d'Argental du 27 octobre 1760.) L'administration trouva bientôt que c'était un prix trop minime , elle le doubla. Le 3 avril 1761, Voltaire en parle encore dans une lettre à d'Argental, mais cette fois il l'appelle la poste de deux sous. On sait par la même lettre que le père de M"* Corneille y était employé à cinquante livres par mois.
s C'étaient déjà les messagers parisiens de 1847. De 1784 à 1786, on avait tenté de les organiser, tels que nous les avons connus, mais sans grand succès. {Mé^ morial de l'Europe pour 1784, t. II, p. 14-16, 76; Af<^ moires secrets, t. XXXT, p. 7, 9, ?8.)— Cette admiDJa*
Celait vouloir faire trop de choses à la fois; la pauvre entreprise en mourut. Il n'y eut niche qu'on ne lui fît; il n'y eut projectiles mystificateurs qu'on ne lançât dans ses boites, sous prétexte d'y mettre des paquets.
Furetièrenous apprend quel en fut le triste sort, dans un passage du Roman Bourgeoise Parlant de Collantine, qui veut rendre à son amant lettre pour lettre, il dit : « Gomme elle n'avoit pas de laquais, elle se contenta de mettre sa lettre dans de certaines boëstes qui estoientlors nouvellement attachées à tous les coins des rtles, pour faire tenir les lettres de Paris à Paris, et sur lesquelles le ciel versa de si malheureuses influences, que jamais aucune lettre ne fust rendue à son adresse, et qu'à l'ouverture de ces boëstes ou trouva pour toutes choses des souris que des malicieux y avoient mises. » Un pauvre diable de maître
tr&tion, qui dépendaitde celle de la poste, tenait aux ordres du public, le jour du premier de l'an, des hommes en belle tenue, tout de noirhabillés, et ayant l'épée au cdté, qui, moyennant deux sols par course^ aUaient porter les cartes de visites ou s'inscrire aux portes pour les personnes. (Lemierre, poëme des Fastes, chant I**", notes, p. 18.)
* F. notreédit. Bibliothèque ehévir., p. 280-281.
de clavecin, nommé Coutel, voulant donner un concert, mit toutes ses lettres d'invitation à la petite poste, car lui non plus n'avait pas de laquais; pas une n'arriva. Des souris lancées par les malveillants avaient tout rongé *. Je me risquerais bien jusqu'à demander qu'on rétablisse cette poste aux paquets, mais, quoique Paris se soit fait grave, j'aurais peur qu'il ne s'y trouvât encore quelques loustics, ayant malice et souris en poche pour tuer encore la pauvre invention '.
< Castil-Blaze, MoUère musicien, t. I, p. 88.
> Je ne veux pas finir sans parler des timhres-posie. On en doit réellement la première idée au Suédois M. G. Treffenberg, qui proposa, le 23 mars 1823, à l'État de la noblesse de Suède, l'émission d'un papier-timbre destiné à servir d'enveloppe aux lettres. Il va sans dire que l'idée fut repoussée par une trèsforte majorité. Depuis, elle a été exécutée en Prusse, telle que l'avait proposée M. Treffenberg. Le système des franco en blanc, dont on fit si grand abus en Angleterre depuis Charles II jusqu'en 1784, était du même genre; avec cette diflférence que ces franco, leur nom l'indique, étaient tout à fait gratuits. On vit alors des personnes en faire provision pour une année. F. un fragment de VHistory of the hottse of cornmons de M. Ch. Towsend, cité dans la Hevue de hihXio' graphie, t. VI, p. 641. Ce système semble avoir été aussi établi en France sous Louis XIV pour les personneu qui se trouvaivint é\o\^tvées de Paris à la suite
du roi. Pelisson étant au camp écrivait à M"' de Scudéry des lettres qui paraissent avoir été affranchies de cette manière. Les autographes possédés par M. Feuillet de Conches portent des traces visibles d'une sorte de timbre-poste.