Couseil Xll. iV. de Raye
SEnaENT DAn.\lES DE SAIXT LOUIS
la balance entre deux partis : elle se faisait appeler par ses écoliers, dans leurs cantilènes, Regïna mundi !
La charte de Philippe-Auguste de 1200 fit reconnaître par l'autorité laïque aux escholiers leurs conditions de clans privilégiés. Elle enlevait l'Université ci la juridiction civile, la déclarait intangible, sacro-sainte, pour les agents du roi, et la soumettait au juges d'Eglise. Ce privilège assurait pour des siècles l'indépendance et, par suite, la prospérité de la grande corporation; mais, en garantissant aux écoliers une impunité presque complète, il devait avoir pour etîet direct la série des innombrables batailles dont leur histoire sera remplie.
Cette indépendance orageuse avait un bon côté : elle trempait fortement les caractères.
Liée intimement à notre hisloire nationale, l'Université de Paris prêta souvent au trône un puissant appui dans les luttes qu'il eut sans cesse à soutenir pendant le moyen âge conire la puissance ecclésiastique, alors, comme toujours, envahissante et dominatrice.
L'Université fut toujours gallicane, pour les rois contre les papes, sauf pendant la Ligue; mais son principal litre est d'avoir avancé l'époque de notre régénération intellectuelle, préparé la magnifique éclosion de la Renaissance et donné à Paris ce prestige et ce rayonnement qui, malgré nos malheurs, ne se sont pas encore éteints.
C L 0 ITIl E DES C A n M E S