‹ Le vieux Paris universitaireChapitre 9 sur 72 · Cumlituis et instrumentis musicis. (Le Religieux · texte numérisé non relu

Cumlituis et instrumentis musicis. (Le Religieux

3. Chose curieuse : ce fut l'ancêtre de celui qui plus tard devait acquérir l'immeuble A. des ilarez, chaugcurde Paris, qui avauça à Savoisy n 15 mil fraacs et mil et V fraucs pour faire l'asiète ».

De retour en France, il demanda l'autorisation de réédifier et restaurer son hôtel. Le procureur de l'Unive'rsitô consentit l'entérinement des lettres royales, mais l'Université, sous la pression de ses clercs, s'y opposa, implacable, et, pendant cent douze ans, le terrain où l'hôtel du favori du roi s'était élevé, orgueilleux et superbe, devint un vrai réceplable d'immondices, lieu maudit et sinistre.

La construction de l'hôtel remontait au commencement du quatorzième siècle.

Il avait été bâti par Pierre Savoisy, issu d'une vieille famille parisienne. Son fds Philippe fut un des sages ministres de Charles V, ayant su résister aux menaces du duc d'Anjou, qui avait fait venir le bourreau et les instruments de torture pour lui faire déclarer où étaient cachés les lingots d'or du trésor royal.

Dès la fin du treizième siècle, l'extension de Paris au nord, l'accroissement des faubourgs, firent envahir la muraille, cette armure que Philippe-Auguste donna à sa capitale quand il partit pour la troisième croisade. Elle était prise d'assaut, du côté de la campagne et du côlé de la ville, par les maisons, les jardins que louaient à cens les seigneurs, qui avaient bâti des hôtels près de la maison royale, l'hôtel Saint-Paul, et qui utilisaient les tours comme belvédères, colombiers, les courtines comme terrasses et tonnelles d'où ils avaient des vues magnifiques sur la campagne.

L'iiôlel, fort vaste, occupait tout l'îlot circonscrit, au sud, par la rue des Juifs, au nord par la muraille de Philippe-Auguste. « II pouvait, dit la chronique du lieligieux de Saint-Denis, par la beauté de son architecture, par sa grandeur et son merveilleux entablement de pierre, rivaliser avec les maisons royales.

Le fils aîné, Louis de Savoisy, seigneur de Seignelay, eut auprès de Charles VI la même faveur que son père avait eue auprès de Charles V.

Lors de l'entrée solennelle d'Isabeau de Bavière à Paris, le roi, qui était monté en croupe derrière son favori, Savoisy, se lança au plus épais de la foule sans souci des sergents « qui frappaient de costé et d'autre de leurs boulayes' bien fort ».

Savoisy avait fait sur mer des expéditions heureuses contre les Anglais à l'île de Wight; il avait autour de lui une maison toute militaire, des serviteurs insolents, des pages indisciplinés et turbulents.

i. Bàtous de bouleau.

« Ledit chevalier, dit la chronique du Religieux de Saint-Denis, est garni de mauvaises gens, baleurs et criminels, «'ils avaient déjà, en

1403, frappé et battu « de Morgueval, procureur du roy, en son hostel, par les rains, les jambes et les plantes des pieds de gros basions'. »

La démolition avait commencé le 22 juillet 1404.

Ce n'est qu'au bout de cent douze ans que la vengeance de l'Université fut satisfaite et son animosité adoucie. Encore exigea-t-elle qu'une inscription placée au-dessus de la porte fût chargée de rappeler cet événement.

Cette maison de Savoisy , en l'an

1404, fut démolie et abattue par arrêt, pour certains forfaits et excès commis par Messire Charles de Savoisy, chevalier, pour lors seigneur et propriétaire d'icelle maison et de ses serviteurs à aucuns suppôts et escoliers de l'Ujiiversilé de Paris, qui a demeuré démolie et abattue l'espace de cent douze ans, jusqu'à ce que ladite Université de grâce espéciale et pour certaines causes a permis la réédification d'icelle en l'an 1517 .

Quant à Savoisy, qui paraît avoir subi les fluctuations de ses intérêts, accusé en 1411 par le jeune duc d'Orléans d' « estre coupable de la mort de son père », d'èlre un des traîtres qui entourent le roi au lendemain de la répression de l'insurrection cabochienne et l'intime ami du duc de Bourgogne, il s'enfuit de Paris.

il fut tué en 1415 à Azincourt avec l'élite de la noblesse française.

L'hôtel fut rebâti en 1517 par le trésorier des guerres, Morlet de Museau, conseiller du roi.

L'Université avait des messagers à ses armes, qui, pour faciliter les relations des étudiants avec leurs familles, parcouraient toute l'Europe sans être molestés ou troublés. Pendant tout le moyen âge, elle trône arrogante et ergoteuse; le poids de sa férule faisait pencher

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