COLLEGE DE COR.NOUAH, LE
1. Statuts des collèges de Séez, Coruouailles, Narboune, etc.
poche garnie pour payer les pots de vm, il se voyait passer par de rudes épreuves, dont les plus douces étaient la douche glacée d'eau sale, le passage à la couverte, etc.
Le malin, à quatre heures, un élève de philosophie, à son tour de rôle réveille-matin, allait dans chaque chambre éveiller les dormeurs et allumer les chandelles.
A cinq heures, première leçon; à six heures, messe suivie du déjeuner, qui consistait en un petit pain. De huit à dix, grande classe suivie d'exercices pédagogiques.
A onze heures, dîner. Maîtres et élèves se rendaient ensemble au réfectoire; chaque table élait présidée par un architridin ou servant de semaine. Pendant le repas, on lisait un chapitre de la Bible ou une Vie de saint. Le chapelain disait ensuite les grâces en rappelant la Mémoire des saints et illustres fondateurs de la maison. Le menu élait simple : deux fois par semaine, la soupe et le bouilli avec fruit de saison; le soir, un plat de viande ou légumes et une salade; en carême et les jours maigres, légumes cuits à l'eau, hareng ou deux œufs, le tout arrosé d'une abondance douceâtre.
Chaque classe avait en hiver droit à quatre bûches par jour et h deux bougies par semaine.
L'après-dîner, classes et exercices; à six heures, souper, élude, salut dans la chapelle et coucher; le couvre-feu sonnait à neuf heures.
La bibliothèque devait être défendue par de bonnes serrures, dont le procureur seul avait les clefs. Les livres, même ceux de la chapelle, devaient être, autant que possible, enchaînés in catenatis ; on ne pouvait ni les vendre ni les faire sortir du collège.
Le mode d'enseignement se composait de Y Exposition et de YArgumentatio7i; les exercices étaient la Préparation et la Dispute, argumentation pour et contre.
La gent écolière parlait un latin des plus macaroniques. M. Cordier nous en a transmis quelques échantillons : Noli crachare super me ! Diabolus te possit in ferre!
Comme dans nos lycées modernes, huit ou dix élèves au plus travaillaient sérieusement; « pendant que le professeur s'époumone, écrit l'un d'eux, Duchanan, les enfants sommeillent; tel qui est absent a payé l'un de ses camarades pour répondre à sa place; un autre regarde son pied qui passe par l'empeigne béante de son soulier; celui-ci fait le malade; il faut en venir aux verges; les visages se barbouillent de
larmes, ce sont des sanglots pour toute la journée; puis arrivent les flâneurs; ils s'annoncent par le cliquetis de leurs patins ferrés, ils ouvrent des oreilles slupides et, mécontents du cours, s'en vont en tumulte à Montaigu ou dans quelque autre de ces sanctuaires que parfume l'odeur de la poirée. »