COLLEGE DE DORMANS-BEAUVAIS
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OÙ liabitait Danle, étudiant, on voit, au-dessus d'une porte cochère, un bas-relief très fruste représentant un saint Michel : c'est le collège Saint-Michel, fondé par G. de Chanac, évêque de Paris et marquis de Pompadour, pour douze boursiers limousins, parmi lesquels un seul fit parler de lui et parvint à de hautes destinées : c'est le premier ministre du Régent, le cardinal Dubois, qui y entra comme petit valet du principal. La grande porte d'entrée est rue Maître-Albert.
Dans la rue de Poissy, par-dessus un grand mur, à travers les barreaux d'une grille d'entrée, le passant découvre d'admirables portes du style ogival le plus pur; ce sont les restes de l'ancien couvent-collège des Bernardins, qui avait été fondé, vers 1244, par Lcxington, abbé de Clairvaux, dans un clos de vignes appartenant au chapitre Notre-Dame, « pour l'entretènement de jeunes bernardins et pour faciliter leurs études ».
L'abbé Lexinglon voyait à peine son collège organisé que, par jalousie, il fut déposé par le chapitre général de Cîleaux : on avait trouvé ce novateur trop audacieux.
Au quatorzième siècle, le pape Benoît Xfl fit reconstruire le monastère et l'église qui tombaient en ruine. La première pierre fut posée solennellement le 23 mai 1338. Les études se bornaient à la théologie; l'enseignement du droit canon était rigoureusement interdit.
La vie n'y était pas douce : on se levait à cinq heures, on se couchait à dix; une demi-heure de récréation, assistance obligatoire aux messes, vêpres, complies, matines; à celui qui ne payait passa bourse à la Toussaint on refusait les sacrements. Chaque élève avait une chopine de vin et un pain ; « les jours maigres, deux œufs en coque ou durs, hareng rôti; les jours de chair, une demi-livre de bœuf bouilli ».
11 est ordonné de parler toujours latin, et, en cas de manquement, de payer une pinte de vin à la Compagnie.
Au moyen âge, l'établissement des Bernardins tenait une grande place dans l'Université. A la Révolution, le cloître des Bernardins servit de dépôt aux forçats. Aujourd'hui, une partie de l'église, qui n"a jamais été terminée, et le principal corps de logis du monastère sont affectés h une caserne de pompiers.
Le collège des Bernardins communiquait par un passage avec le collège du Cardinal-Lemoine, fondé en 1302 par J. Lemoine de Créci, qui fut cardinal et légat en France; il y établit un grand nombre de boursiers, « tant théologiens qu'artiens ». C'étaitune des quatre mai-
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sons de théologie de la Faculté de Paris. Trois hommes remarquables y ont enseigné en même temps: Tiirnèbe, Duchanan ei Muret. Il fut fort maltraité pendant la Ligue. Le prix de la pension était de quatre cent cinquante livres sous Louis XV, et les boursiers d'alors payaient quatre sols par repas. llli
Le 13 février de chaque année on y célébrait la solennilè du Cardinal. Les anciens boursiers élisaient l'un d'eux. Revêtu des insignes de sa dignité d'un jour, il présidait un repas d'apparat, suivi d'une distribution de dragées, disait la grand'messe s'il avait les ordres, àla suite de laquelle les écoliers venaient lui réciter des compliments en vers et prose.
11 ne reste plus que quelques débris du collège.
LesJacoZizVîi'avaientfondé dans leur couvent de la rue Saint-Jacques de grandes écoles dites Ecoles Sainl- T/iomas; on y enseignait la scolastique et la science de la prédication. C'est de ces écoles que sont sortis tous les préceptes de cette prédication macaronique qui précéda la venue des grands orateurs du dix- septième siècle.
Le percement de la rue du Dante a fait disparaître le collège de Cornoitailles, rue Domat, fondé par de Guestry, maître es arts et en médecine, du diocèse de Cornouailles, pour neuf Bretons.
Vient de tomber aussi sous la pioche du démolisseur, pour le percement de la rue Danton, le collège Mignon. Ce fut en 13i3 que
« Jehan Mignon, archidiacre de Blois, en l'église de Chartres, maître des comptes à Paris », se sentant sur le point de mourir, résolut de fonder un collège pour douze boursiers à recruter autant que possible dans sa propre famille, et il y affecta des biens acquis dans la rue de l'Écureuil (depuis rue Mignon), qui vient de disparaître en partie. Toutefois, les volontés de Mignon ne furent pas exécutées sans peine : il était mort en 1343, et ses héritiers tergiversèrent tant et si bien qu'en 1353 rien n'était fait.
L'Université porta plainte par-devant le roi Jean, qui fit comparaître, en même temps que les délégués de l'Université, le frère du défunt. Une commission fut nommée, et la famille dut s'exécuter. A peine le collège était-il édifié qu'il devint un sujet d'interminables procès. En 1554, Henri 111 en fit don à Yabhé de Grandmont ; mais il ne fit que décliner, et en 1789 il ne restait que quatre boursiers.
A la Révolution, Robert Lindet, ministre des finances, se logea dans l'immeuble, qui fut longtemps le siège de la mairie du cinquième arrondissement.