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CHAPITRE XII

Les Petits Collèges. — Boissy, Daimvillf, Coqueret, Ronsard, Baïf et la Pléiade. Le Trésorier, Maitre-Gervais, Bayeux, Cluny, les Cholets.

Le percement de la rue Danton vient de faire disparaître ce qui restait de l'antique collège de Boissy, place Saint-André-des-Arls, fondé en 1356 par E. Vidé, chanoine de Laon, exécuteur testamentaire de Godefroy, de Boissy-le-Sec, près Chartres, pour « y entretenir, outre un maître principal, douze boursiers : trois en théologie, trois en droit, trois en philosophie et trois en grammaire ». L'Université accepta la nouvelle fondation par acte du 7 mars 1338, et des statuts furent donnés au collège en 1366. Ils diffèrent peu de ceux qui régissaient alors les élablissemenls du même genre.

La guerre fut fatale au collège de Boissy comme à toutes les autres fondations scolaires. Le manque de bras, les déprédations des bandes armées, diminuèrent dans une forte proportion les revenus affectés au principal et aux boursiers; les bâtiments dépérirent faute d'entrelien, et le collège ne fit que languir; il n'y restait plus un seul boursier lorsque le Parlement prononça, en 1763, sa réunion à l'Université.

Rue Pierre-Sarrazin, en face de l'une des portes de la librairie Hachette, se trouve l'entrée du collège de Daiinville, qui avait un pourpris considérable et s'étendait sur trois rues. Il avait été fondé au quatorzième siècle par la famille de Daiinville, pour douze écoliers des diocèses d'.\rras et de Noyon, clercs tonsurés, âgés de quatorze ans au plus; la durée des éludes ne pouvait dépasser six ans. Les boursiers doivent être convenablement vêtus, silencieux à table, assidus aux prières et aux offices, soir et matin, et au confessionnal

LE VIEUX l'AlilS UiNIVERSITAlUE

quatre fois par an ; ils doivent parler latin ; chaque écolier, en entrant, doit payer au procureur quarante sous parisis, et à ses camarades « un seplier de bon vin sans plus pour son béjaune ».

La verge et la férule sont applicables aux grammairiens; pas de salles d'études : les boursiers sont logés deux à deux dans une chambre ouverte; l'un des deux est de semaine pour les provisions, il rend ses comptes tous les vendredis. On mange au réfectoire, et le boursier

absent à l'heure du repas « dîne par cœur ».

Celte réglementation scolaire, que nous trouvons à peu près partout identique, est presque la même que celle qui est aujourd'hui appliquée dans nos modernes petits séminaires.

Dans l'impasse Chartièrc, que clôt le bâtiment neuf de Sainte-Barbe, se trouve une vieille bâtisse au chef branlant, aux murs de guingois, élançonnée et tellement ruinée qu'elle est veuve de locataires.

Cette bâtisse, qui ne tient plus que grâce à ses béquilles, est l'ancien collège Coqueret, qui fut le berceau de la Pléiade. Ce collège, dont la porte est encore surmontée à son fronton d'une coquille symbolique, fut fondé par Nicole Ccquerel. Un des premiers professeurs fut le savant Du Bellay, qui devint minisire de François I". L'éclat de son enseignement était tel que les ambassadeurs vénitiens écrivirent dans leur curieux récit que « la France n'avait rien à envier de l'Italie ». Cet humble collège, qui ne comprenait que dix boursiers, a eu dans notre histoire littéraire son heure de gloire rayonnante.

C'est là où commença la Pléiade; c'est dans celle retraite modeste et studieuse, dans ce pauvre et triste collège, que Ronsard, au retour

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