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COLLEGE DE BOISSY

d'un voyage en Ecosse, vint s'enfermer avec Bàif, Rémy Belleaii, Jodelle, Du Bellay, lequel y lança le superbe manifeste de la nouvelle école : Défense et Illustration de la langue française, qui eut une si grande influence sur la littérature.

Les « Académiciens » n'hésitèrent pas à s'astreindre au régime sévère du collège. « Ronsard, dit son biographe, C. Binet, continuoit à l'estude jusques à deux ou trois heures après minuit, et, se couchant, il réveilloit Baïf, qui se levoit et prenoit la chandelle et ne laissoit refroidir la place. »

Coqueret et les nuits de haute solitude

Et durant sept hivers le flambeau de l'étude

Que chacun d'eux se passe avant de s'endormir!

Les revenus du collège étaient minimes, les bourses rares, les élèves peu nombreux; il fut supprimé par la Faculté des Arts.

Un certain nombre d'autres petits collèges, Lisieiix, Rheims, La Marche, Navarre, Boncourt, Le Plessis, Quimper, de Justice, dHarcourt, etc., ont été démolis et englobés dans de grands édifices universitaires, la Sorbonne, le Collège de France, les Écoles de Droit, de Médecine, etc., etc. 11 en est parlé dans la notice consacrée à ces établissements. D'autres ont été détruits : Le Trésorier, Maître-Gervais. Tours, Autun, Bayeux, Clitny, les Cliolets, etc.

Leur histoire et leurs constitutions sont à peu près les mêmes que celles des petits collèges dont nous avons parlé.

Tous ces collèges, en général fondés par des dignitaires de l'Église, n'étaient pas purement, bien que la discipline fût la même, des séminaires. Nés comme les cathédrales, ainsi que l'a fait remarquer Violletle-Duc, d'un mouvement de réaction contre l'influence monastique, ils étaient destinés non seulement à assurer l'existence du clergé séculier, mais ils contribuèrent aussi à faire l'éducation de la société civile.

Ils ont sécularisé l'étude, préparé l'avènement de la classe lettrée, introduit dans l'État celte noblesse de seconde main prédestinée à approvisionner l'administration de l'État et de la justice de ces légistes consommés, hardis, intrépides, prudents, subtils, qui matèrent la noblesse et donnèrent à la bourgeoisie la force nécessaire pour jouer un rôle prépondérant dans l'État.

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