SAINT-J V LIE K -LE-PAUVRE
Anglais, Suédois, et enfin la Nation de France, pour les Français (évêchés de Paris, Sens, Tours, Reims, Bourges) et tous les étudiants de race latine.
Chaque Nation avait son Suppôt ou procureur, son sceau, son guidon porté dans les grandes cérémonies universitaires. Toutes les nations avaient leur logis dans la rue du Fouarre, ainsi nommée à cause de la paille ou « feurre » qu'on y étendait pour amortir le bruit des voilures, et des jonchées d'herbe qui servaient de siège aux écoliers, en signe d'humilité et de respect. La rue était fermée à chaque extrémité par des portes, pour empêcher « les maulvais garçons » de venir troubler les écoliers et de remplir les écoles d'immondices.
A la tête de l'L'niversité était le Recteur; il était élu à la chandelle éteinte par les délégués des Facultés, qui se réunissaient, soit aux Mathurins, soit dans la vieille église mérovingienne de Saint-Julienle-Pauvre. C'était une élection à deux degrés : les maîtres choisissaient quatre électeurs, un de chaque Nation, qu'on appelait les Intrants, parce qu'aussitôt nommés ils entraient en conclave. Il fallait qu'avant la fin du jour ils eussent désigné le nouveau recteur.
Dès que celui-ci était élu, il était proclamé solennellement, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, par son prédécesseur, qui lui mettait le béret sur la tète, la mante fourrée d'hermine sur les épaules et, en écharpe, un sachet de velours où était le sce^u de l'Université avec les clefs de la caisse commune. Si la durée de la charge du nouveau recteur était courte, ses pouvoirs et son autorité étaient considérables. Il siégeait au Parlement à côté des barons; il était enterré à Saint-Denis avec les rois; si les privilèges de l'Université étaient violés, il pouvait suspendre les exercices scolaires.
C'est au treizième siècle que les Mathurins devinrent le chef-lieu de l'Université, trop à l'étroit à Saint-Julien. C'est dans la chapelle du couvent que se tenaient les assemblées générales de ce grand corps. De là partaient les cortèges, défilés, processions du monde enseignant allant prendre rang dans les cérémonies officielles.