‹ Le vieux Paris universitaireChapitre 6 sur 72 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'Université. — Sa puissance au moyen âge. — Le tumulte de Savoisy.

C'élail une puissance, et une puissance bizarre, que celle Université Ihéologique, démocratique et révolutionnaire, qui commandait à tout ce peuple batailleur et tapageur d'écoliers.

Elle tenait tête aux papes, faisait trembler les rois, et, dès qu'on touchait au moindre de ses privilèges, sévissait avec la plus impitoyable dureté. Elle ne désarmait que lorsqu'elle avait obtenu satisfaction et que ceux qui avaient eu le malheur de la froisser étaient humiliés et abattus.

Elle ne s'arrêtait devant aucune considération de naissance, de fortune, pour assouvir sa vengeance. Un exemple fameux est celui du comte de Savoisy, le favori et le confident du roi, très en faveur, soldat vaillant, capitaine glorieux.

Un jour de juillet 1404, les clercs de l'Université allaient à Sainte- Catherine du Val-des-Escholiers, deux à deux, en procession, pour y faire célébrer une messe pour « l'extirpation de l'hérésie ». Ils passaient rue du Roi-de-Sicile, longeant l'hôtel de Savoisy, lorsqu'ils rencontrèrent les pages de ce seigneur qui menaient boire les chevaux, et qui se mirent à « cscarboller' » les clercs. Un des escholiers donna un coup de poing h travers la figure d'un valet, qui appela au secours. Quelques pages dégainèrent et tombèrent l'épée à la main sur les escholiers, pendant que d'autres étaient rentrés au manoir chercher du renfort et des armes. Les escholiers poursuivis se réfugièrent au

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