COLLÈGE DES TRENTE-TKOIS
Comme Mazarin se piquait d'être un galant et pimpant cavalier, il voulut qu'on apprît à ses jeunes élèves l'escrime et la danse, sciences frivoles aux yeux de la grave et pédante Université.
L'emplacement n'avait pas été prévu; on chercha, et on tinit par décider la construction du collège sur l'emplacement de la vieille Tour de Nesle, depuis longtemps abandonnée et presque en ruine, que la légende et l'histoire ont rendue célèbre.
Ce fut dans ce lieu si propice aux escholiers de la vieille Université parisienne que l'on édifia le monument assez laid que nous voyons aujourd'hui servir de siège aux Cinq Académies. L'architecte Levau en dressa le plan; il ne fut terminé qu'en 1673. L'Université de Paris, dans le domaine de laquelle se trouvait la fondation nouvelle, désapprouva l'institution de cours d'équitation et de danse et déclara qu'elle ne tolérerait pas un établissement régenté par des histrions et des cochers. Elle fit de ce collège un collège ordinaire en rayant du programme l'équitation et l'escrime et en restreignant l'enseignement au cercle des humanités.
Le cardinal avait confié la direction de son collège aux Théatins, mais Messieurs de la Sorbonne s'emparèrent de la férule. A côté se trouvait le théâtre des Comédiens du roi, qu'ils firent fermer.
Sous la Révolution, le collège fut fermé; on y installa le siège du Comité de salut public du déparlement. Plus lard. l'Empire y établit l'Institut.