LES BOULEVARDS — LE BOULEVARD DU TEMPLE
Nous n'avons pas à retracer Thistoire fort compliquée des anciens remparts de Paris. Ceux qui subsistaient au xviic siècle dans la parlie nord, à peu près sur la ligne des boulevards actuels, avaient été construits à la hâte sous le règne de François V^^ pour opposer une barrière à l'ennemi, dont les reîtres et les lansquenets dévastaient ilrjà la Champagne. En 1670, un arrêt du conseil d'Etat ordonna l'ouverture d'un boulevard de la Bastille à la porte Saint- Denis; l'avenue devait être composée de trois rangées d'arbres, et l'allée du milieu liirge de près de cent pieds. T/annr»e suivante, on décréta la continuation des travaux jusqu'à la nouvelle [)orte Saint-TIonoré, et enfui (Paulres ordonnances complétèrent, en KWi- et 1(185, le plan densemble de la grande ligne des boulevards, dont le nom rappelle les fortifications auxquelles ils ont succédé '.
Ce premier boulevard formait une sorte de terrasse d'où l'on dominait d'une part les rues voisines, condamnées ainsi à se métamorphoser en cloaques, de l'autre la campagne. C'est seulement dans les premières années du xviii^ siècle qu'on songea, en égalisant les niveaux, à assainir et à purifier les voies limitrophes. L'établissement de ce nouveau cours devint le point de départ d'une foule de belles constructions, qui s'élevèrent d'abord à peu près exclusivement du côté de la ville. La porte Richelieu, démolie, et ses environs firent place à des hôtels princiers, dont les jardins s'étendaient le long des boulevards et d'où Ton apercevait non seulement l'oseille, la laitue, les moissons d'artichauts et les couches de champignons de la Grange-
^ Jfercure du mois d*août 1811.— Ed. Fournier, Paris démoli : la Orange- Batelière , ch, i.