L'ÉPOUSE
Je me sens, la lumière éteinte, notre alcôve fermée, sur une place publique. Demain, dans la rue^ je serai montrée au doigt, et je mourrai de honte.
N'aie pas peur. Tu ressusciteras. Je t'immortalise.
L'enfant.
Papa, papa, veux-tu que je reste près de toi? Je ne ferai pas de potin.
Éloi.
Babille, enfant, je note ; pleure, je recueille tes larmes, et sois malade, je dessine tes gestes de souffrance, et si j'ai la douleur de te perdre, compte sur moi, je saurai crier un beau blasphème à Dieu, pour le remettre à sa place.
Un lecteur.
Il est ignoble de cynisme.
Un autre.
Il est malade.
Un autre.
11 est rigolo.
Un autre.
Vous trouvez ça drôle?
Un autre.
Il se noircit un peu.
Un autre.
Oh I ma tête, qu'est-ce que cela veut dire ?
Un critique.
Moi, je comprends très bien.
Tu as de la chance.
Un homme de cœur indigné.
Mon petit Monsieur, voulez-vous que je vous dise ? Au fond, vous n'aimez personne
Éloi Je m'aime.
La nature Et il aime la nature. Il aime mes arbres...»
Éloi.
Gomme ils ont maigri cet hiver 1
La nature.
Mes prairies, mes rivières...
Éloi.
Je voudrais que ma main fût assez légère pour écrire sur les eaux.
La nature.
Et mes brumes fragiles...
Éloi.
Elles naissent le soir, vivent la nuit et meurent au matin, comme mes rêves.
TABLETTES d'ÉLOI 187
La nature.
Mais pourquoi remuer ma boue, mes tas de fumier?...
Ils fument par les champs comme des chevaux dételés.
La