‹ Le Vignoble Français Et L'Afrique Du NordChapitre 12 sur 35 · VIGNES SURFACES PLANTÉES · texte numérisé non relu

VIGNES SURFACES PLANTÉES

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Les terrains disponibles ne manquent pas. Le vignoble actuel couvre une surface de moins de 150.000 hectares. Cette surface pourrait facilement être doublée, triplée, puisque les céréales occupent en Algérie 3.000.000 d'hectares propres à la culture de la vigne (1).

Le phylloxéra semble vaincu, les premières reconstitutions sont déjà assez anciennes pour qu’on puisse

juger du résultat. « Nous sommes définitivement sor-

1. Relevons par exemple dans la Dépêche Algérienne du 4 décembre 1911, l'annonce de l’adjudication d'un domaine à El Esnam, près de Bouira, contenant 155 hectares, entourant la gare, terres de première qualité. L’annonce ajoute : La situation de cette propriété se prête particuliérement à la création d’un vignoble irrigable.

Paul Raynal n

Re tis de la période des tâtonnements, écrit M. Farges dans son Livre du Colon algérien. L’ère des expériences est close et l’on peut aujourd’hui constituer un vignoble avec la même certitude et dans des conditions aussi favorables qu’on avait pu le faire avant l'invasion phylloxérique.. On n’opère plus qu’à coup sûr. » D'ailleurs le compte rendu du voyage d’études du Comice agricole de Boufarik dans les vignobles reconstitués du département de Constantine signale : à Gastu, un vignoble de 35 hectares appartenant à M. B..., où le carignan sur riparia produit 250 hectolitres à l’hectare et un carré d’aramon de 10 hectares sur lemème porte-greffe,donnantune moyenne de 300 hectolitres à l’hectare; à Damrémont, chez M. de R..., des alicantes bouschets de 4 ans produisant 120 hectolitres à l’hectare, des carignans de 8 ans donnant de 100 à 150, les vignes plus anciennes donnant un rendement supérieur, qui atteint 10.000 hectolitres sur 40 hectares, etc... Nous trouvons ces renseignements dans les /nformations algériennes des 27 août et 3 septembre 1911.

Dans le courant de l’hiver dernier, le mouvement de plantation a été très vif. En trois ou quatre mois le Gouverneur général de l’Algérie a autorisé l’introduction, pour quelques communes des environs d’Alger seulement, de 19.581.310 plants racinés, ou racinés greffés et 40.049.200 boutures, soit un total de 59.630.510 plants.

Ces 59.630.510 plantsreprésententenviron15.000ha. de superficie. Un certain nombre, difficile à évaluer, d’entre eux, sont destinés à remplacer les manquants. Mais, quand on remarque que tels propriétaires ont obtenu l'autorisation d'introduire à eux seuls, l’un 200.000 boutures, l’autre 2 millions, un troisième 7 millions, il est permis de penser que des plantations nouvelles sont pratiquées activement.

C’est donc vainement que l’on a cru, lorsque le phylloxéra parut et s’étendit en Algérié, que ses ravages réduiraient une production surabondante, que la reconstitution des vignes ne se poursuivrait que dans une plus juste proportion, eu égard aux besoins de la consommation locale, et que les viticulteurs algériens, avec les bénéfices réalisés dans la vigne, se tourneraient vers les cultures qui ne concurrencent pas le marché métropolitain, mais l’alimentent en denrées qui lui manquent en totalité ou en partie, telles que le blé dur, les orges de brasserie, l’avoine, les primeurs maraîchères, les fruits (oranges, carroubes, amandes), les produits de basse-cour (œufs et vollailles), les huiles d'olive, etc., tous produits que la métropole importe dans une certaine proportion. M. Lecq dit à ce sujet : « Une agriculture qui seulement ferait vivre largement celui qui s’y livrerait, mais sans lui donner l'espoir, mème illusoire, de la fortune, ne saurait tenter le colon algérien, et

malgré les leçons de prudence que laisse l’histoire

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de la viticulture nord-africaine, on ne retiendra de celle-ci que les heureux événements, oublieux des ruines et des crises douloureuses dont elle est semée

et dont le retour est fatal. »

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