LES FAITS
Le mot rente étant pris dans le sens différentiel, le sens ricardien, il y a, d’après Ricardo lui-même, trois chefs de rente. Soient des terrains de qualité n° 1 et n° 2. Supposons que les terrains n° {, ou soient plus fertiles,ou donnent un plus fort rendement aux capitaux incorporés, ou se trouvent mieux situés que les terrains n° 2. Les terrains n° 1, si leur production ne suffit pas aux besoins de la consommation, donneront une rente. Si leur production suffisait à la demande, les terrains n° 2 ne seraient pas ou ne seraient plus cultivés.
Inégale fertilité, inégal rendement des capitaux, inégal éloignement du marché de consommation, les trois chefs de la rente ricardienne s'appliquent, nous allons le démontrer, au vignoble algérien, terrain n° 1, et au vignoble français, terrain n° 2. Il est bien évident que,
s’ils existaient spontanément, le problème serait tout
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résolu. Il n’y aurait qu’à constater et accepter une supériorité naturelle, et qu’à arracher les vignes de France.
Mais des lois et des conventions qui ne sont point incoercibles ont dans cet état de choses leur part,que nous nous proposons de mettre en évidence.
Cette part est nulle, bien entendu, pour ce qui est de premier chef.
Elle existe dans le second. Ce n’est pas que des capitaux nouveaux donnent un rendement plus que proportionnel. Mais grâce à une inégalité dans les modes d'acquisition de la propriété, dans les régimes fiscaux, dans les frais d’exploitation, le viticulteur algérien obtient un rendement au moins égal avec des capitaux moindres.
Et le troisième chef de rente est tout artificiel. Ce sont les faveurs des Compagnies de Navigation et de Chemins de fer qui, en réduisant pour eux les prix de transport, ontrapprochéles vins algériens des marchés de consommation. Elles ont ainsi retourné la situation naturelle. |
Ces points examinés, et après avoir brièvement exposé la question de la fraude des vins algériens, nous dirons de quelle prime, à la suite de ces divers
avantages, ces vins nous paraissent jouir.
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