DE CONSOMMATION
Il semblerait que la condition privilégiée faite au vignoble algérien par une fertilité plus grande et des charges moins lourdes dût être, dans une certaine mesure, compensée naturellement par un plus grand éloignement de marché. Mais grâce au prix peu élevé des transports maritimes, les vins d'Algérie arrivent dans nos pays de consommation à frais inférieurs ou au plus égaux aux frais qui s'appliquent sur cet article aux vins du Midi français.
Prenons par exemple l’année 1910. La production
no #
algérienneaété de 8.400.000 hectolitres dont 7.000.000
environ ont été expédiés en France sur les ports sui-
vants.
Rouen NE PO TE NE RSA ONE Marsetile serai nr et ne 728.356 (à CORTE ER ES 874.963 Bordeaux se Te 660.936 INADÉCE NE MENU ce 339.391 BeHAVre COR NE NT 101.705 NiSe Te AIRE APRES CES 138.295 BTESR IR ee En De 122.326 DORÉCTAUC EEE RER 1M2894 SaintiNazaire "Ein, SENENE 92,947 LA Rochellé MORE ANSE 116.574 BAVODNONMRAMRAEN SR EE NRRESE 45.285 Caen he CES EN NE 25.950 OUORE TP NS RE le re 41.361 Chérboure Lot en 22.950 Saint-Louis-du-Rhône . . . 1.589 NÉS STE PORTENQ MEN AT AO 28110 Libourne Au 9.480 SA NTAlO con SRE 4,210 Saint-Brieuc 9.485 N'ARRESN LE UML PR EEE 4.492 :
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AUTFOS DONS US TE TRS 3.849
pe
En résumé :
Ports de la Manche et du Nord . 3.752.343
UPS an AU Nr net 9000097
NMÉditerranée ui 0. c5.1/1:800,53 DORE MNT OS A TO:
On voit que l'importation des vins algériens en France se concentre dans le bassin de la Seine, et spécialement à Paris, Rouen, le Havre, villes importantes sur le marché desquelles ils luttent avec avantages contre les vins méridionaux, « Pour Rouen et certaines villes du littoral comme Bordeaux, la Rochelle, le Havre, Nantes, Dunkerque, etc..., écrit M. Bertrand dans l’article cité de la Revue de Viticulture, les vins d'Algérie peuvent jouir de quelques
avantages. »
Le fret d'Alger à Rouen est de 11 à 12 fr. latonne. — à Nantes — 14 — — à Dunkerque — 16 —
Le transport en fûts des principaux centres du Midi à Paris est en moyenne de 27 à 28 francs la tonne. Les prix de transport à l’hectolitre en fûts sont :
de Perpiguan d'Alger (vià Rouen) à Paris 4 fr, 50 D (are à Nantes StECe200 be 070 à Nancy Tan 40 6 fr. 00 à Rouen 4 fr, 49 1 fr. 60
Pour lutter contre la concurrence des transports par eau, nos chemins de fer ont à leur tour concédé aux vins d'Algérie des tarifs allégés.
De Cette à Paris, les vins français paient 27 fr. 30 la tonne.
De Cette à Paris, les vins algériens paient : au-dessous de 50.000 kilogrammes, 24 fr. 60, au-dessus, 23 fr. 60.
De plus, pour les vins français, la Compagnie fait payer leretour des fûts à raison de 5 francs par demimuid, alors que pour les vins algériens le retour des fùts ou des wagons-réservoirs est gratuit.
L’Algérie,inversement, est désavantagée en ce que, par suite de la durée des transports, les frais de location des futailles sont un peu plus onéreux pour elle. De plus, les frais de transport du vignoble aux différents ports d'embarquement sont en général plus élevés que ceux qui sont supportés par les viticulteurs français pour aller de leurs chais à la gare la plus rapprochée. Sur certains points ces transports atteignent 1 franc, 1 fr. 50, et jusqu’à 2 francs et 2 fr. 50. La moyenne est de 0 fr.75 à 1 franc. Mais les centres
viticoles les. plus productifs (1) ne sont pas dans une
1, On sait que la majeure partie de la produclion est concentrée autour des ports, Alger, Oran, Bône, Philippeville. Auprès d'Alger, la Mitidja produit à elle seule 5 millions d'hectolitres et, comme chemins de fer, routes et ports, elle est aussi bien servie que la région
de France la mieux favorisée.
situation plus désavantageuse que ceux de la métropole, de sorte qu’en règle générale la supériorité reste à l’Algérie au point de vue des frais de transport.
b) Le monopole de pavillon. — « Nous subissons, dit M. Bertrand, les dures conséquences du monopole de pavillon. C’est une contribution écrasante dont tous nos produits sont frappés au profit de la marine nationale dont nous sommes la rançon. »
La loi du 2 avril 1889 réserve en effet au pavillon national la navigation entre la France et l’Algérie.On sait que le système des restrictions sur Les transports maritimes est une des exceptions qu'admet Adam Smith au principe de la liberté naturelle. Dans notre espèce la marine algérienne profite au même titre que la marine métropolitaine des avantages de cette situation. Les armateurs algériens bénéficient de ce monopole comme les armateurs métropolitains, dans une plus faible mesure sans doute, parce qu’ils disposent d’une marine d'un tonnage moins élevé, d'un matériel naval moins considérable. La marchandise française subit le monopole comme la marchandise algérienne. Le prix des vins d'Algérie n’en est pas sensiblement affecté, on a vu tout à l'heure que, d'Alger à Rouen, ils ne payent qu'un fret de 11 à 12 francs. Et aussi le monopole contribue à la prospérité de nos ports qui sont les meilleurs clients du vignoble algérien.
Pour parer aux inconvénients graves de ce mono-
pole en cas de grève, la loi du 29 juillet 1909 a donné au gouvernement la faculté de suspendre temporairement l’application de la loi du 2 avril 1889.
Cette suspension est assez fréquemment demandée. Au commencement de janvier dernier, par exemple, les quotidiens racontèrent que 52.000 fûts étaient,du fait du monopole,en souffrance sur les quais d’Alger et que 300.000 hectolitres ne pouvaient par conséquent être expédiés en France. La Chambre Syndicale des Vins de la Seine et la Chambre de Commerce de Parisenvoyèrent des délégations auprès du ministre du Commerce pour demander la suspension prévue par la loi de 1909. Cette demande paraît peu justifiée d’ailleurs. Les statistiques officielles, pour les importations de vins algériens en France dans les trois dernières années, donnent les chiffres suivants,
qu’il nous semble inutile de commenter :
Septembre 410.948 599.908 393.359 Octobre 1109640511 313.040 279.341 Novembre 534.878 529.842 464.832 Décembre 716.425 672.430 636.677