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III. — DES CADRES VITICOLES

Cultiver la vigne est une tâche délicate. Il faut à toutes nos exploitations des cadres aptes; et jusqu'ici ces cadres ont tous été . européens. Jusqu'ici également ils ont été à peine suffisants en quantité, et en certaines régions à certaines époques, en qualité.

Il y a donc un problème «es cadres viticoles, qui se pose en Tunisie comme en Algérie, mais avec acuité au Maroc. Dire que les fils des colons algériens sont naturellement destinés à fournir ces cadres marocains, c’est exprimer un vœu en même temps que reconnaître un fait, et la natalité des Européens en Algérie laissé, en effet, un nombre de jeunes activités disponibles. Mais ces jeunes ainsi Gisponibles, ainsi disposés à former les cadres du renouvellement ici, de l’extension là, d’un vignoble dont nous avons dit les besoins, n’accepteront pas tous cette fonction et l’accepteraient-ils tous, ils n’en auraient pas tous les moyens et même si tous en avaient les moyens, ils ne suffiraient pas à la tâche.

L'Ecole Nationale d'Agriculture de Maison-Carrée, dont on ne dira jamais assez jes efforts et le succès, lance chaque année dans la colonisation d’excellents éléments. Il en faut davantage. C’est pourquoi certains organes, certains dirigeants de la viticulture insistent sur ce point crucial. M. Berthault, notamment, y revient fréquemment dans la Revue agricole de l'Afrique du Nord. Il faut faire écho à ses appels.

IV. — DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Cette école de Maison-Carrée et la Faculté de Sciences d'Alger,

quelques milieux de haute valeur scientifique poursuivent bien l’œuvre indispensable de recherche qu'exige la vigne. Et nous

n’aurons garde d'oublier les efforts individuels d’expérimentateurs sagaces et tenaces.

Mais tous ces chercheurs, de quels moyens financiers disposentils? C’est M. Vivet, c’est M. Berthault qui, au retour de pays étrangers, en fin d'enquêtes scrupuleuses, déplorent Ia grande misère de nos laboratoires, de nos champs d’expériences.

La création récente en Métropole d’un Institut de Vin améliorera, espérons-le, cette situation navrante, car il ne bornera pas ses recherches au seul vignoble métropolitain. Mais, c’est en Afrique Gu Nord même qu’il faut stimuler la recherche scientifique viticole. Que les grands vignerons, à l'heure des vendanges propices et des ventes heureuses, n’oublient pas l’appel muet, mais permanent, qu’adresse la vigne à leur générosité. Une réalisation aussi bienfaisaute que l'installation à l’Institut de Maison-Carrée de la cave expérimentale (fondation Germain) montre que cet appel peut être entendu et magnifiquement satisfait.

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