IL. — TUNISIE
L'étude qui vient d’être faite pour l'Algérie a moins de raison d'être approfondie s’appliquant à la Tunisie ou au Maroc, car Ja vigne n’y joue pas le rôle essentiel, de tout premier plan, qu’elle joue en Algérie.
En Tunisie, avant guerre, on cultivait environ 700.000: hectares et ia production de céréales était de 3.650.000 quintaux de blé et 2 millions de quintaux d’orge. La récolte de 1947 a été nettement inférieure, 2.500.000 quintaux de blé et 1 million d’orge. Mais même si l’on calcule sur ces chiffres et si l’on adopte le prix de base de 2.000 franes, accepté pour le calcul de la récolte algérienne de 1948, on obtient 7 milliards de francs. Les 460.000 hectolitres de vin tunisien ne valent, à 3.800 francs l’hectolitre (le prix admis pour l’Algérie) que 1 milliard 748 millions. Et il faut admettre une somme moindre puisque présentement le vin tunisien est moins cher que l’algérien. On pouvait prévoir ce résultat avant tout calcul, puisque la récolte de céréales tunisiennes est normalement environ le tiers de la récolte algérienne, alors que la vendange tunisienne est à peine le vingtième de la vendange algérienne.
Si en Tunisie la vigne ne joue qu’un rôle secondaire dans les finances, dans les recettes douanières, etc:., elle a tout de même quelque valeur. On s’en aperçoit en dépouillant les statistiques Ue la Régence et les auteurs tunisiens.
« En 1936, écrit M. Camblat, avec ses 41.000 hectares le vignoble ‘unisien s'inscrit au 8° rang des cultures principales de la Régence près les céréales et l’olivier » (1).
En 1948, le vignoble a beaucoup perdu de son importance, mais la sécheresse a bien diminué aussi la récolte de céréales et celle dhuile. Le vignoble se maintient à peu près à son rang d'il y a douze ans.
« En 1936, écrit encore M. Camblat, les plantations tunisiennes avec leurs caves, représentent une richesse importante, que l’on
(1) Camblat : Le vignoble tunisien (dans Bulletin de l'Agriculture, n° 164, 1” trimestre 1936, p. 71).
peut évaluer à plus d’un demi-milliard, maïs c’est surtout la production régulière qu’il importe de noter. Elle peut être évaluée à 170 millions de francs par an, dont 140 millions vont à l’exportation, ce qui contribue pour une large part à l’amélioration de la balance commerciale. Ces mêmes terres, livrées à la culture du b'é, ne produiraient guère plus de 250.000 quintaux, soit au cours achat Ge 140 francs, une valeur globale de 35 millions. »
Nous essaierons, dans un chapitre ultérieur, de mettre ces chiffres au cours du jour.