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IV. — LES INTERMEDIAIRES

Eux aussi existent partout, eux aussi prélèvent des sommes que production et commerce voudraient bien ne pas leur verser. Eux aussi sont menacés par l'extension du mouvement coopératif qui tend à se passer d’eux, et par des associations d'intérêt, telles que celle dont nous venons de signaler l’existence en Oranie.

Cependant ils résistent à tous les assauts; et c’est chose fort naturelle. Un exemple fera comprendre les raisons de leur vitalité.

Un grand propriétaire de la Mitidja qui se rend à Alger au moins deux fois par semaine, qui dispose d’un nombre important d’hectolitres de vin, qui connaît personnellement plusieurs chefs de grandes maisons commerciales, a toute latitude pour traiter directement avec eux. Mais”ces possibilités n'existent pas pour un petit colon du Dahra, dont l'éloignement de la capitale algéroise: limite les déplacements et que la faible quantité de sa récolte force à réduire ses frais généraux. Il en est de même dans le Constantinois, au Maroc, etc.

Ajoutez que même le propriétaire qui peut traiter directement . avec le commerçant hésite parfois à le faire; certaines tractations, certaines concessions réciproques sont plus aisées pour un intermédiaire que pour les deux intéressés eux-mêmes,

Enfin et surtout un courtier digne de ce nom ne se borne pas à faire conclure une affaire, il en surveille le déroulement jusqu'à achèvement et il a le devoir d’aplanir les difficultés qui surgissent,

En Afrique du Nord, la religion et les mœurs classent les courtiers; parce que le Coran a jeté l’anathème contre le vin, en quasi totalité les courtiers en vins et alcools sont européens. Par contre les intermédiaires qui s'occupent d’achat et vente de raisins sont aes Musulmans pour la quasi totalité.

Le nombre de ces divers intermédiaires est très élevé. Dans les grands centres il existe des maisons de courtage offrant toute garantie de compétence et d’honorabilité. Ces grands courtiers ont fait et continuent à déployer un sérieux effort pour organiser et moraliser la profession. Mais combien d'individus marrons assaillent le propriétaire, surtout celui qui est quelque peu isolé. Que ce colon se méfie et se défende.

Les règles relatives au courtage varient suivant les régions, mais

le fond des usages est à peu près le même partout. A Alger les deux principes essentiels (1) sont les suivants :

1° Le recours au courtier est facultatif. Ce pourquoi certains propriétaires, certaines coopératives, etc., d’ailleurs rares, traitent directement avec les maisons de commerce.

2° Il n'existe aucun taux légal de courtage, pas même de taux défini par les grands groupements professionnels de la production et du commerce; les tarifs arrêtés unilatéralement par les groupements de courtiers ne doivent donc être considérés que comme une indication par les propriétaires qui font appel à leurs services.

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