‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 14 sur 216 · RAGE USE · texte numérisé non relu

RAGE USE

Le premier est l’instabilité des désirs : selon que le cours du vin monte ou baisse, c’est-à-dire suivant que le vigneron compte emplir son coffre-fort ou voit fondre ses réserves, il appelie de ses vœux arGents ou repousse avec énergie un ensemble de mesures connues, étudiés depuis longtemps et qui réapparaissent périodiquement au premier plan de l’actualité et de l'utilité. Etat d'esprit bien humain, versatilité toute naturelle, un peu exagérée et naïve toutefois, si bien qu’un auteur a pu écrire que l’économie viticole était « ballottée par des égoïsmes individuels et collectifs ».

Mais le Parlement a le devoir de ne pas s’affoler. Il ne légifère pas pour une campagne. Et il connaît les lecons de l’expérience. Ces enseignements du passé se résument en trois données numériques, l’une précise ce qu’est la production française du vin, la deuxième ce qu'est la consommation, la troisième mesure l'importance sociale de la viticulture. Rappelons donc les chiffres essentiels.

La statistique nous apprend que la production de vin en France métropolitaine est très variable. Sans remonter très au delà d’un siècle nous noterons ci-dessous les étapes marquantes.

PRODUCTION CARACTÉRISTIQUES ANNÉES (hectolitres) FONDAMENTALES 1830 39.000.000 Production plutôt faible.

1848 54.000.000 Production normale.

1854 10.000.000 Conséquence de l’oïdium (minimum).

1875 83.836.000 Production record.

1879 25.770.000 Début de la crise phylloxérique. 1889 23.223.000 Plein effet &Ge la crise phylloxérique.

1900 67.352.600 On a vaincu le phylloxéra.

1915 20.442.800 Conséquence de la grande guerre. 1934 75.143.000 Excellente année (quantité et qualité).

Le Parlement sait que les crises en hausse et en baisse sont pér-odiques; on ne peut lutter contre la nature, on doit adapter à ses caprices une législation prudente. Et cette législation doit tenir coinpte de la “onnée fondamentale que voici : il est étab'i par les caiculs portant sur de longues années que la consommation métropolitaine de vin est d’un peu plus d’un hectolitre par habitant et par an. Notons au passage que la consommation algérienne calculée sur les seuls Européens, est un peu inférieure, étant exactement d’un hectolitre.

Quant à la troisième donnée qui pèse sur les décisions ces Chambres, c’est la valeur sociale du vignoble, I1 y a en France

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