I, — LE PROBLEME DES TRANSPORTS
Il y a trente ans avons-nous dit (3), l'expédition des vins algériens à Bercy nécessitait vingt et une opérations.
Quelque fastidieuse qu'en soit l’énumération, il faut le faire.
La voici donc
1°Remplissage d’un fût avec &u vin pris en cave; 2° chargement de ce füt à la propriété sur camion; 3° transport à la gare; 4° déchargement du camion; 5° chargement sur wagon; 6° transport par voie ferrée; 7° déchargement à la gare (Alger par exemple) ; 8° chargement sur camion; 9° transport en ville: 10° déchargement du fût au chai du négociant; 11° opérations directes du négociant: 12° chargement d’un nouveau fût sur camion; 13° transport par camion au bateau; 14° äéchargement du camion et chargement sur bateau; 15° transport maritime; 16° débarquement dans un port métropolitain (Marseille ou Sète par exemple) et chargement sur camion; 17° transport par camion à la gare; 18° déchargement au camion et chargement sur wagon; 19° transport par voie ferrée jusqu'aux entrepôts de Bercy; 20 déchargement à Bercy même (en supposant le chai du négociant relié par voie ferrée à la gare de Paris arrivée); 21° prise en charge par le négociant acheteur à
(3) Voir ci-dessus paragraphe « les transports »,
Bercy; au lieu de vingt et une opérations il en fallait compter vingttrois si le chai de l’acheteur n’était pas relié à la gare parisienne d’arrivée.
En tenant compte des améliorations réalisées ou en voie ce réalisation : remplissage Girect à la propriété des camions-citernes qui déchargent directement dans les cuves du négociant exportateur, transport maritime au maximum (Rouen) et fluvial (pénicheciterne sur Seine, Rouen, Bercy), déchargement à Bercy port et transport au chai du négociant importateur, les vingt-trois opérations sont réduites à douze. L'installation déja amorcée au port d'embarquement (Alger par exemple) et à Bercy (débarquement) @e pipe-line reliant les bateaux et péniches à des stations-chais de départ et arrivée, dans lesquelles des commerçants auraient leur quartier particulier, réduirait encore de façon sensible le nombre des opérations; et dans le cas limite où un vin agréé pourrait aller sans modification de sa nature, sans coupage, etc., de la propriété à Bercy, on arriverait à la série suivante d'opérations : 1° remplissage à la propriété du camion-citerne; 2° transport terrestre de la popriété à la station-chai sur quai d'embarquement; 3° emplissage du bateau-citerne par la cuve du négociant; 5° transport maritime jausqu’à Rouen; 6° passage du vin du bateau-citerne dans la péniche-citerne; 7° remontée &e la Seine, Rouen, Bercy; 8° passage du vin par pipe-line de la péniche-citerne dans le chai du négociant importateur.
A condition toutefois que l’administration des douanes et celle des contributions (diverses en Algérie, indirectes en France) veuillent bien, elles aussi, moderniser leurs formalités.
Ces organisations modèles des ports d'embarquement et de débarquement existent ou sont envoie de construction (Alger, Oran, Mostaganem, etc.). Nous décrirons l’une des deux qui fonctionnent à Nantes.
La Société nantaise de Consignation et de Gérance, qui agit pour le compte de la Compagnie nantaise des Chargeurs de l'Ouest, utilise les anciens silos à grain du port, à moitié démolis par les bombardements et qu’on a préféré transformer en cuves à vin que détruire de manière définitive. Le chai ainsi créé peut recevoir 30.000 hectolitres de vin en 66 cuves (soit 6 étages de 11 cuves) de 200, 400 et 600 hectolitres, plus 4 cuves relais de 500 hectolitres dans la sale des pompes. Le vin passe directement du cargo dans ces cuves par pipe-line enrobé dans la maçonnerie du quai fluvial. Ordre, rapidit*, propreté, donc économie réelle.
Cet exemple montre la voie à suivre.
Présentement, on réalise en Tunisie des docks d’embarqueme:t pour les citerniers. Les frais d'embarquement, de débarquement atteignent souvent des taux excessifs; l’anarchie qui règne dans certains ports met, comme on a pu l'écrire, « la marchandise en coupe réglée ». Aussi le modeste gain de temps ou d’argent est appré-
ciable. Les demandes les plus fréquemment présentées dans cet ordre d'idées sont:les suivantes :
— que les règlements qui régissent les dockers soient révisés,
— que l’industrie fournisse des fût métalliques inoxydables, les containers, à meilleur marché,
— que pour la manipulation des vins ordinaires et notamment pour leur distribution, le commerce français s'inspire des méthodes pratiquées par les compagnies pétrolières américaines.