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II. — ALGERIE

L'Algérie consomme environ 2 millions d’hectolitres de vin par an. Ce vin est pour la presque totalité du vin courant. L’Algérien, d’origine européenne, boit du vin rouge ou du vin rosé,

po

rarement du vin blanc. Dans l’Algérois on a une certaine prédilection pour les vins rosés. De nombreuses maisons de commerce à Alger, à Oran, à Bône, mettent en bouteille et laissent parfois un peu vieillir des vins choisis qui, sur les tables algériennes, font office de vins fins. L’importation de vins de cru, assez cons. dérable avant 1939, a tendance depuis quelques mois à reprendre.

En face des besoins à satisfaire, 2 millions d’hectolitres, l’Algérie a toujours disposé d’un stock considérable. Cette situation entraîne deux conséquences : la première est que la consommation du vin a toujours été libre; la seconde est que le gouvernement a voulu, à certaine époque, taxer le vin consommé en Algérie à un prix inférieur au prix pratiqué en Métropole. Nous avons indiqué (2) que cet essai avait été malheureux.

Comme la consommation du vin, celle du raisin de tab'e a toujours été libre. Ni les Européens, ni les indigènes, habitués à consommer du raisin frais n’ont eu à se limiter. Reconnassons d’ailleurs que le nombre des Arabes et des Kabyles mangeant du raisin frais est assez faible; et il sera précisément fort intéressant de rechercher si la consommation de raisins frais ne peut être développée en Algérie. Les raisins secs ne sont guère employés que dans certaines préparations culinaires (couscouss par exemple). On ne boit presque pas de jus de raisin.

On a noté que l'Algérie ne produisait pour ainsi dire pas de vins spéciaux. Elle n’en consomme que fort peu.

Par contre, un alcool est fort prisé : nous voulons parler de l’anisette, produit assez analogue à l’absinthe, au Pernod, au pastis de la Métropole. Sa consommation a été interdite pendant la guerre, elle n’a pas été autorisée à nouveau, en dépit des vœux adoptés par l’Assemblée algérienne, mais en raison même de ces vœux, les autorités tolèrent un usage qui partout, au grand jour, est redevenu le fait courant.

La consommation de vinaigre est assez faible.

Mais celle de bois de vigne est très élevée. La reconstitution du vignoble s'effectue désormais à grande allure. Les viticulteurs plantent les bois de vigne importés de la Métropole, ceux que livrent les pépiniéristes algériens, chaque jour plus nombreux et mieux outillés, ceux qui ont été préparés sur leurs propres domaines. La production est telle que les spécialistes algériens commencent à approvisionner la Tunisie et le Maroc. Cependant, en fin 1948, ils n’arrivaient pas à satisfaire les demandes de la clientèle algérienne. Des chiffres significatifs peuvent être tirés des documents publiés par le Gouvernement Général de l’Algérie : statistiques de l’importation des bois de vigne, liste des champs de pieds-mères et de pépinières viticoles soumis au contrôle du Service de l’Inspection des végétaux, etc. N'oublions pas que dans l’Algérois et le Constantinois, on plante généralement 4.000 pieds de vigne à l’hectare, l’'Oranie

(2) Voir chapitre Il.

espaçant davantage les pieds, et que les malfaçons, les accidents de culture, etc. portent à peu près à 5.000 le nombre des pieds nécessaires à l’hectare. Si la plantation et la reconstitution portent sur

10.000 hectares environ par an, c’est 50 millions de plants à livrer.

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