‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 155 sur 216 · IT. — TUNISIE · texte numérisé non relu

IT. — TUNISIE

Camblat estime à 350.000 hectolitres la consommation tunisienne de vin en 1936 (3). Cette consommation a quelque peu diminué depuis, mais tend à se relever. Il serait prudent de penser qu’elle peut monter jusqu'aux environs de 500.000 hectolitres.

Comme l'Algérie, la Tunisie a été pendant un certain temps coupée de la Métropole; même la liberté des communications rétablie, il y avait lieu d’adapter les uns aux autres les besoins de la consommation et les possibilités de la production. Comme en Algérie, les autorités ont été préoccupées par la crainte que la consommation locale et la fabrication sur place des mistelles ne manquent du vin nécessaire. C’est pourquoi deux arrêtés signés par le Résident Général, le 13 octobre 1945, ont organisé un système de répartition caractérisé par les mesures ci-après

1° Déclaration détaillée des vins existants par la propriété et par le commerce.

2° Livraison et circulation du vin subordonnées à l’octroi pr une commission spéciale de bons d’approvisionnement.

Les bons ne peuvent être attribués qu’à des négociants, à des producteurs (pour leur consommation familiale ou pour les clients locaux qu'ils ont l’habitude de servir eux-mêmes) aux grands groupements de consommation (intendance militaire, cocpératives, groupements d'achats, établissements publics).

3° Taxe, destinée à la Caisse de compensation tunisienne, frappant les vins des récoltes antérieure à 1945.

Cette réglementation a permis de savoir avec quelque précision quelles étaient les ressources et quels étaient les besoins; elle avait pour but d'éviter le gaspillage, mais elle ne constituait pas un rationnement.

Comme l'Algérie, la Tunisie consomme quelques vins fins, une assez grande quantité de raisins frais, un peu de raisins secs. Il Jui faut peu de vins spéciaux et peu d’alcool. Ses préparations de vins fins (surtout muscat) et ses mistelles sont pour l'exportation.

Nous avons déjà dit qu'elle avait encore recours à la Métropole et à l'Algérie pour la fourniture de plants de vigne, mais s'efforçait de produire sur son sol les bois nécessaires.

(3) Camblat : Le vignoble tunisien.

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