‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 156 sur 216 · IV. — MAROC · texte numérisé non relu

IV. — MAROC

Dans les pages consacrées au Statut viticole marocain nous avons fait remarquer que le Maroc avait tout naturellement tendu à se suffire à lui-même. A la veille de la dernière grande guerre il! y était parvenu, et l’excellente récolte de 1938 avait même été supérieure aux besoins.

Mais depuis 1943, en raison de l’accroissement notable de la population européenne et des atteintes du phylloxéra, le Maroc est loin de se suffire à lui-même; aussi a-t-il été obligé : a) de rationner Fa population, b) d’importer du vin.

Rationnement. — Le vin est taxé et contrôlé à tous les stades de la production et de la commercialisation. Les adultes (20 à 70 ans) touchent par mois : les hommes 10 litres de vin, [es femmes 5.

En juillet 1948 le prix du vin était de 2.450 francs l’hectolitre. Ce prix s’entend de la moyenne des cours des divers vins de consommation courante, rouges, rosés et. blancs. Ce prix est par rapport à 1939 (indice 100) à l'indice 1213.

Importation. — Le Maroc a demandé à l'Algérie la quasi totalité des vins courants dont il avait besoin pour la population civile. Les besoins de cette population étaient dans le cadre du rationnement, de 400.000 hectolitres.

Le Maroc a reçu d'Algérie en 1943 un total de 143.233 hectolitres. En 1944 cette importation monte à 287.000 hectolitres, elle s’abaisse en 1945 à 166.130 pour remonter à 200.255 en 1946 et retomber en 1947 à 125.231. Pour 1948 le Maroc aura dû importer vraisemblablement 40.000 hectolitres de vins algériens ordinaires: (4}.

À l’importation dont nous venons de mesurer l'ampleur, it faut ajouter : a) l’importation de l’intendance militaire, qui s’est élevée en 1947 jusqu’à 80.000 hectolitres en provenance d'Algérie; b) l’importation de vins de cru, venant en majorité d'Algérie. On aura la notion de l’importance de ces diverses entrées en comparant les statistiques du bureau des vins de la Résidence Générale et celles du service des douanes. Les premières qui n’enregistrent que les besoins à satisfaire en vins courants pour alimenter la populatiow civile donnent, nous l’avons vu, le chiffre de 125.231 hectolitres pour 1947, vins venant d’Algérie. Pour cette même année, la statistique des douanes, qui totalise tous les vins entrés au Maroc, quelle que soit l’origine, quelle que soit la qualité, quel que soit le destinataire, donne le chiffre de 312.196 hectolitres, dont 309.763 venant d'Algérie et 2.433 de divers pays.

L’importation totale prévue pour 1948 au Maroc est de

. (4) Sur ces chiffres et les suivants : Lexique de l'Economie marocaine. Statistiques de la Résidence Générale, Documents de la Chambre de Commerce de Casablanca,

90.000 hectolitres (dont 40.000 de vins algériens courants pour les besoins civils, comme il a été déjà dit).

Pour stocker ce vin, le Maroc dispose-t-il du logement nécessaire? ;

La capacité des caves coopératives est de 300.000 hectolitres, celle des caves privées de 820.000. Les chais du commerce se déve- Jloppent.

Reste à indiquer comment Ia consommation a été alimentée.

Il est bien évident qu’un pays obligé d'importer dans les proportions que nous venons de dire, ne peut songer à exporter. Aussi en face des 312.196 hectolitres importés en 1947, le Maroc n’a exporté cette année que 3.016 hectolitres en fûts et 457 en bouteilles.

Ces 3.473 hectolitres ont été dirigés : 1.645 sur la France, 975 sur VA. O. F., 685 sur la Belgique, 113 sur les Etats-Unis, 46 sur le Cameroun, 9 sur l'A. E. F.

Quant aux importations, voici le détail : vins en fûts 309.087 hectolitres, vins en bouteilles 4.109. Provenance : Algérie 309.763, France métropolitaine, 2.433.

La quasi totalité du trafic maritime se fait par le port de Casablanca.

À mentionner l’exportation de raisins de table assez importante.

Le commerce intérieur se subdivise en deux branches :

a) distribution dans lensemble du Maroc du vin courant et des vins fins produits ou importés;

b) vente dans l’ensemble du pays des raisins de table récoltés par les indigènes qui, avec 21.964.000 pieds de vigne ont en 1947 produit 540.000 quintaux de grappes excellentes.

Nous aurons donné de la consommation marocaine un aperçu suffisant en rappelant quelques indications déjà fournies : les Marocains sont d'importants consommateurs de raisins secs, le Maroc fait venir d'Algérie une grande partie des plants de vigne. Et en ajoutant que la quantité d’alcool qu’il réclame est faible.

Page 1