‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 161 sur 216 · II. — OBSERVATIONS RELATIVES À L’ALGERIE · texte numérisé non relu

II. — OBSERVATIONS RELATIVES À L’ALGERIE

Nous examinerons en premier lieu les mesures prises dans le sens de la taxation et du rationnement, en second lieu les mesures prises pour différencier les vins entre eux.

« N’est-il pas regrettab'e, écrivait récemment le rapporteur d’une assemblée professionnelle, que la production, le commerce et la consommation puissent perdre la liberté, quand la marchandise abonde? Il est certain que taxation et rationnement ne s'expliquent guère qu'en période de pénurie. On peut bien soutenir que l’appel à l’Etat s’est fait parfois en période d’abondance; mais vraiment il ne peut s'agir en ce cas que de circonstances tout à fait exceptionnelles et de mesures provisoires, à contours nettement limités. »

Le fait est que l’Aigérie, principal exportateur de vins du monde, a toujours eu à sa disposition beaucoup plus de vin qu’elle n’en pouvait consommer, et cependant nous avons vu les autorités algériennes redouter que le consommateur n’en manquât. Cette crainte n'était sans doute que l'effet &’une psychose, que le remous de la vague de dirigisme déferlant sur la Métropole et sur l’Union Française. En réalité l'Algérie n’a pas eu à souffrir des exagérations du dirigisme. Lorsque l’arme a été maniée, elle l’a été avec doigté. Taxation et rationnement même édictés à grand renfort de contrôle demeurent à peu près lettre morte, dans un pays saturé de marchandises. L'Algérie viticole connaît aujourd’hui la liberté. Elle remercie ses dirigeants de la lui avoir rendue, aussitôt qu'ils l’ont estimé possible,

Il semble bien qu'ils n’aient commis qu’une erreur. Nous l’avons déjà signalée. L'Algérie, pays de grande production, a eu le soucr légitime de ne pas faire payer trop cher le vin au consommateur. Nous avons indiqué les modalités du système, que certains estimaient ingénieux, mais qui en fin de compte s’est avéré malheureux. Lorsqu'il a fallu payer le vin, non pas à un prix anormalement bas, mais au cours imposé par la réalité économique, l’acheteur, durement atteint par cette brusque hausse a äù restreindre sa consommation. Voici les chiffres, publiés en septembre 1948, pour l’année viticole 1947-1948 (1).

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