‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 190 sur 216 · GR LOTS · texte numérisé non relu

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Nombre d’autres données accusent des chiffres un peu différents; et il est normal que la situation géographique, la nature des cultures, les conditions générales d'exploitation, etc., variant d’un domaine à l’autre, les documents consultés présentent des différences. Mais ce qui est constant, c’est la forme d’ensemble de la courbe en hausse continue et atteignant à peu près le même point fin 1947 si la base de départ en 1942 est à peu près la même.

Si nous prenons le prix du vin à la propriété en Algérie en faisant la moyenne des régions et la moyenne des qualités de vin, nous arrivons à peu près aux chiffres ci-après

Prix du vin Augmentation par rapport | Augmentation générale Récolte | au degré hecto à l'année précédente des frais agricoles £ francs 1944 | 40 à 45 ’ 1945 80: 90 0% 21 1946 |, 140: à 150 70: 2%, 1947 230 55 % 62 , 1948 | 300: | RCA 90: à 65 %

La comparaison de la hausse du prix du vin avec la hausse générale des prix de l’exploitation agricole nous conduit à cette conclusion que : 1° antérieurement à 1945. ia taxation et le dirigisme ont maintenu le prix du vin au-dessous du cours réel; 2° qu’en 1945 et 1946 la force des choses a remis. le vin à son vrai prix, Ce qui a provoqué pour lui une augmentation plus. forte que celle des dépenses générales agricoles; 3° en 1947 et en 1948 le retour à la liberté a rétabli la concordance entre la hausse du vin et la hausse générale.

Nous. avons montré le parallélisme existant entre le prix. de la main-d'œuvre viticole et le prix du vin à la propriété. Cette: donnée et la hausse que nous venons d'indiquer, du prix du vin au degré hectolitre, vin pris à la propriété, indiquent ce qu’a été depuis trente ans la courbe algérienne. Le prix du. vin tunisien suit-il lui aussi le prix de la main-d'œuvre? Est-il donc d’à peu près un tiers au-dessous du prix du vin algérien, Il suffit pour établir la comparaison de consulter le tableau suivant qui donne le prix du vin. tunisien depuis 1921.

Prix moyen du vin Prix moyen du vin Années au degré hectolitre Années au degré hectolitre 1921 6 1935 6,50 1922 6,90 1936 8 1923 6 1937 11,50 1924 5,25 1938 10 1925 9,25 1939 13,50 1926 13,25 1940 10 1927 15,50 1941 18 1928: 14 1942 26 1929 9,50 1943 32,50 1930 13 1944 34 1981 9 1945: 65 1932: 8,90 1946 114 1933: 9 1947 160

CR. ee

On voit que le vin tunisien est parfois à égalité du vin algérien (en 1946: par exemple), parfois au-dessus et parfois au-desssous.

Quant aux statistiques marocaines, elles n’embrassent pas encore, à notre sens, une assez longue période de production pour quon puisse en déduire &es: observations assurées sur les prix; car par suite des circontances sur quarante et une années de puissance française dans l’Empire chérifien et done d'étude possible du vignoble, il! en. existe trop. d’anormales,

Il — LE COUT DU TRANSPORT ET LES. IMPOTS LA SURCHARGE COMMERCIALE

C'est pour montrer la charge que représentent les transports et les impôts dans le prix final payé par les consommateurs que l’on à indiqué le nombre des étapes et des manipulations du vin durant le voyage Afrique du Nord-Métropole et que l’on a appelé l’attention sur le nombre excessif et le taux élevé des droits de circulation, vérification, etc., pesant sur le vin.

Les purs impôts de circulation étant mis à part, on veut dire que: la somme des fraïs de transport propriété (Tunis, Alger, Oran, Bône) à quaï Marseille, Saint-Louis du Rhône, ou Sète, augmentée des frais de vérification et des taxes locales a pendant des années, représenté la différence de prix entre lhectolitre de vin acheté à la propriété en Afrique du Nord (Rouïba, Marengo ou Boufarik par exemple) et le même prix à la propriété à Beaucaire, Lunel ou Castelnaudary. Du moins il en a été ainsi dix-huit ans sur vingt. Deux années sur vingt le prix à la propriété Algérie a été le même que Ie prix à la propriété dans les quatre départements du Midi gros producteurs, par suite de circonstances particulières (faib'esse en degré des vins du Midi obligés d’être relévés par des vins algériens, insuffisance exagérée de la récolte métropolitaine, etc.). La parité était ainsi généralement établie pour le vin gagnant Paris par voie ferrée de Marseille, Nîmes, Sète ou Narbonne que son origine réelle fût métropolitaine ou algérienne.

Mais il faut noter que le vin algérien ou tunisien qui, au lieu. de gagner la Métropole par Marseille ou Sète, est dirigé par voie maritime jusqu’à Bordeaux ou Nantes, ou mieux encore jusqu’à Rouen et Dunkerque, et le vin marocain, qui débarque naturellement dans un port de l'Océan, peuvent arriver à Bercy ou dans certains centres provinciaux (Bretagne, Normandie, région du Nord) à meilleur compte que les vins du Midi obligés de subir les tarifs ferroviaires beaucoup plus élevés que les tarifs maritimes.

I faut noter également que les améliorations en voie de réalisation et celles qui peuvent être effectuées dans un avenir assez proche, dans les modalités du transport Afrique du Nord-Métropole, sont susceptibles de procurer des économies sensibles.

‘Est-il possible d’obtenir également une diminution des frais proprement commerciaux? Etudions donc de quel poids pèse la

surcharge commerciale (manipulations, aléas, marges Ccomimerciales, etc.). Nous n'avons jusqu'ici envisagé que le commerce de gros. Il est normal que ce commerce prélève une somme assez importante; le commerçant doit en effet : 1° payer ses frais généraux, souvent élevés; 2° couvrir ses aléas (pertes, détériorations, vols, variations de cours, etc.) et ces aléas sont parfois considérables: 3° tirer une rémunération de son travail. Mais la marge commerciale qui lui est légitimement accordée n’a plus de raison d'être si son travail, risques courus compris, se réduit à un simple coup de téléphone.

Cela posé constatons que le commerce de gros répartit le vin entre des demi-grossistes et que ces derniers sous-répartissent entre des détaillants. Cette deuxième et cette troisième catégorie de commerçants ont comme la première à couvrir des frais généraux, à se garer d’aléas, à toucher une honnête rémunération de leur intervention.

Enfin on doit noter que ces trois catégories de commerçants ne sont pas les seuls intermédiaires entre le producteur et le commerçant: il faut citer les courtiers, dont nous avons défini le rôle, les commissionnaires représentants, mandataires, qui interviennent à divers instants, les experts qui ont à trancher des différends ou à certifier authentique une qualité, un degré, etc., les assureurs terrestres, maritimes ou aériens Car il y a des avaries de transports, des vols, des naufrages, etc. sur lesquels les négociants insistent et dont il faut parfois admettre la gravité.

Il n'en demeure pas moins que l’organisation commerciale serait beaucoup moins onéreuse si lon voulait bien reconnaître la simple, l'honnête vérité qui est celle-ci : d’une part le nombre des'intermédiaires peut être réduit; d’autre part le commerce ne devrait toucher que les rémunérations auxquelles il à réellement droit.

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