PAR AE
sur laquelle on peut revenir, comme l'ont fait les Américains du Nord; &’autres sont bien plus enracinés dans leur répulsion, car -Jinterdiction revêt un caractère religieux, il en est ainsi pour les Musulmans.
Du rapprochement de ces deux faits dominants résuite la conséquence suivante : si au cours des âges une population d'origine musulmane s’installe en dominatrice dans un pays de vigne, elle tolèrera la consommation du raisin mais répudiera celle du vin, et très rapidement l’aire occupée par le vignoble se rétrécira jusqu’à presque disparaître. Or, avec l'invasion hilalienne du x1° siècle, les Arabes ont acquis la prédominance politique en Afrique au Ncrd, et tout en conservant la supériorité numérique, ils ont perdu la supériorité militaire et sociale quand la France, à partir de 1830, s’est installée dans le pays.
De ces données, on peut déduire à priori que de l’origine des temps historiques au xr° siècle, la vigne a dû pouvoir jouer un grand rôle économique en Afrique du Nord, qu'elle l’a perdu «u xr° siècle jusqu’à l’arrivée des Français en Algérie, et que ces Français, peuple viticole pour lequel le régime sec est sans expiication, ont dû redonner progressivement au vignoble nord-africain l’importance qu'il avait perdue sous la domination arabo-turque. D'où trois grandes périodes dans l’histoire du vignoble nord-africain.
La première de ces périodes est la périoie antique.
La vigne, avons-nous dit, existe en Afrique du Nord depuis la plus haute antiquité. Lorsque Ulysse et ses compagnons longèrent le rivage nord-africain, ils y découvrirent des fruits inconnus d'eux, les pommes d’or du jardin des Hespérides, ce merveilleux jardin que certains éruûits ont cru pouvoir situer entre Melilla et Ceuta; mais ils y trouvèrent aussi des-fruits bien connus d’eux, les raisins et rien ne nous interdit de penser que ces raisins étaient les belles variétés que nous considérons aujourd’hui comme autochtones.
Stéphane Gsell nous apprend que la vigne était régulièrement cultivée en Afrique &u Nord dès la période phénicienne. Les Carthaginois traitaient la plupart du temps la vigne comme le font les Italiens ce notre âge, en treilles supportées par les arbres des champs, müûriers ou oliviers. Plus rarement, ils la laissaient ramper <omme nous le voyens sur les pentes du Liban et alcrs, dit Pline, les renards vendangeaient autant que les hommes. Prenant la suite Ges Carthaginois, les Romains accordent leurs soins au vignoble africain. Mais bientôt se produit Ja première de ces grandes crises viticoles que nous aurons à analyser. Sous Domitien (81 à 96) il y a surproduction de vin en Italie et par contre-coup la culture de la vigne recule en Afrique, ce qui nous enseigne aussi sûrement que les plus précises stat'stiques, que dès cette époque la colonie ænvoyait des vins à la Métropole.
L’avènement Ges Sévères, qui sont d’origine africaine, marque le début de la grande époque pour l'Afrique du Nord. Dans le renouveau général du pays, se place le rencuveau de la vigne. Nous savons