I. — HISTORIQUE SUCCINCT DE LA PRODUCTION
. Le vignoble arabo-turc était un vignoble surtout äüe montagne (1). Dès 1845 les Français plantèrent en montagne (2). Mais jusqu’en 1860 nous l’avons déjà noté, le vignoble algérien est peu
(1) Introduction : Période arabo-turque.
(2) Laurens : Les vins de qualtuié d'Algérie.
de chose. Le rendement de 1860 est de 16 hectolitres à l’hectare. II s’élève à 20 en 1870. Pourtant, en 1878, l’Algérie, l'observation en a été faite, ne peut couvrir encore que la moitié de ses besoins en vins et doit importer de la Métropole l’autre moitié de sa consommation. En 1879 et 1880 on plante un peu; 1881 marque la fin de cette période d’hésitation et en 1882, au moment où nous nous installons en Tunisie, le vignoble algérien a pris son essor, voici les chiffres :
1881 1882 Département Superficie totale . Production Superficie totale | Production en vigne (hectares) | en hectolitres | en vigne (hectares) en hectolitres ANTECÉ RME MR EE 9.877 182.209 14.800 307.222 ORAN 12.364 78.923 15.718 263.254 CONSTANTINE . 8.241 27.447 92227 110.859 “ HOta ire 30.482 288.579 39.745 681.335
Le rendement à l’hectare ressort à 14 hectolitres en 1881 et 17 en 1882. Il est de 208 en 1886. Saluons cette année, c’est la première fois que la récolte algérienne dépasse le million d’hectolitres et elle le dépasse très largement, s’élevant à 1.667.878.
Notons tout de suite, car c’est un fait essentiel qui explique toutes les conséquences que nous allons avoir à énumérer, qu’en 1881 la France a produit 34.438.715 hectolitres sur 2.099.923 hectares et en 1882 (la plus grosse récolte après le record de 1875), 80.886.352 hectolitres sur 2.135.349, soit 38 hectolitres à l’hectare.
Il découle de cette simple comparaison que, hors cas tout à fait exceptionnel, la production algérienne est sans influence sur la viticulture métropolitaine et qu’au contraire la Métropole impose automatiquement à l’Algérie, les cours, le comportement, etc. (3).
La crise phylloxérique débute en France au lendemain de 1875, les premiers effets de la maladie se font sentir en Algérie en 1885, mais ce n’est qu’à la veille de la première guerre mondiale que le mal est généralisé. L'Algérie se met à transformer son vignoble. Au début de la plantation des vignes nouveau genre il faut compter 1875 francs à l’hectare pour la plantation d’un hectare de pieds américains à greffer sur place et 1.280 francs pour la plantation
. (3) Comparez chapitre premier : Interdépendance économique du vignoble métropolitain et du vignoble nord-africain.
Pair N Ps
en racinés greffés. L’importation de plants américains passe de 12.696.423 boutures en 1909 à 102.239.353 boutures en 1914. Le deuxième à-coup est la crise de 1893-94. II y a surproduction.
1893 — 116.394 hectares : 3.722.779 hectolitres 1894 — 120.926 > 3.093.193 »
Et l’on envisage comme palliatif la distillation.
En 1900-1901 il y a à nouveau trop de vin; l’hectolitre tombe à 2 fr. 50; c’est un désastre, Nouvelle alerte en 1904-1907, on crée alors les caves coopératives. Dés 1908 et jusqu’en 1914 la production retrouve à s’écouler.
Nous venons de montrer qu’à la période des débuts a succédé une période d’assez heureuse extension du vignoble, puis une période de crises, enfin un âge de travail calme et utile. De 1914 à 1948 nous allons connaître la même succession de bonnes et mauvaises passes.
De 1914 à 1918 c'est la guerre avec toutes les difficultés que eomporte pour l'Algérie, même tenue hors du danger, un conflit déjà mondial. Cinq années sont nécessaires, de 1918 à 1923, pour remettre en ordre un vignoble qui a beaucoup souffert à tous points de vue. Mais l’entre deux guerres connaît après cette remise en état une période de grande extension du vignoble et de brillante production, les années 1924 à 1938. Et de 1938 à 1948 c’est à nouveau l’ère des difficultés,
Nous allons préciser en traitant, à l’aide des statistiques (4) du rendement à l’hectare, c’est-à-dire de la productivité et en conséquence du gain ou @e la perte du viticulteur, et de la production totale, c’est-à-dire de l’effet économique et social sur l’ensemble du pays. Puis nous complèterons, téujours à l’aide des statistiques, les notions déjà acquises par l’étude de la carte viticole et nous préciserons la part dans la production totale des vins de qualité supérieure, les crûs africains.