SCÈNE V
ROUVIËRE, MADAME DUPUIS, «ntnnt du fond.
MADAME BUPUIS^ parlant à st elkitte, qoi essaie de se glisser à sa suite.
Pas du tout! TOUS yous ôte» iait mettre à la porte. — restes-y. (Elle referme la porte.) Oh! Dieu!.. oh! les mauvais sujets.,, ils ont fumé i
ROUVIÈRE
Avons-nous fumé? (n aspire avec bruit.) Dieu me protège, je le crois! Eb bien! voyez jusqu'où peut aller la distraction, ma* dame Dupuis... je ne m'en étais pas aperçu, tant nous étions absorbés, Georges et moi, dans notre grand projet.
MADAME DUPUIS, se débarrassant de sa mante et de son chapeau.
Quel projet?... Vous notis restez, monsieur Tom?
RODTIÈRB.
Hum ! pas précisément! mais^ pour Georges et pour moi, cela revient au même. Savez-vons detiner les énigmes, madame
MADAME DUPUIS, le regardant fixement
Vous n'emmenez pas Georges, par hasard?
ROUVIÉRE.
Mais avec votre permission^ madame Dupuis^ j'ai positivement cet avantage.
MADAME DUPUlSi souriant aTec indécision et Tinterrogeant du regard
Nom? non, n'est-ce pas?... Vous me jugerez bien simple^ monsieur Rouvière, de répondre sérieusement à une plaisanterie... mais je n'en suis pas maîtresse... vous m'avez atteinte à la source de ma vie... Dites-moi... je \ous en prie, dites-moi, mon bon monsieur Tom^ que vous me laissez mon maii?
ROUVIÈRE
Je vous laisse son coeur sans contredit, ma très-chère dame ;
mais la Téritë est que je vous enlève momentanément sa personne. En deux mots^ Georges songeait depuis longtemps à reprendre langue dans le monde des vivants, et il a saisi avec joie roccasion de ce départ précipité, qui coupe court à tout empêchement subalterne.
MADAME DUPUIS^ s*appuyant d*nne main lur im fauteuil, les yeux baiuéi
et yagues, miinnure à demi Toix :
C'est vrai !
BOUVIÈRE
Tenez, Fentendez-vous, le forcené? quel tapage il fait làhaut avec sa malle ! Il la traîne sur le parquet comme un char de triomphe!... Ah çà! il ne vous paraîtra pas merveilleux, j'imagine, madame Dupuis, qu'après avoir séjourné trente années consécutives à Saint-Sauveur-le-Yicomte, un homme de la trempe de Georges...
MADAME DUPUl s, simplement, d*un ton bref.
Oh! ne m'expliquez rien... je comprends. Où l'emménez-
vous?
ROUVIÈRE
Mais à vous dire vrai, ma chère dame, un peu partout . d'abord...
MADAME DDPGIS.
Pour combien de temps?
ROUVIÈRE
Oh! pour un an — ou deux tout au plus.
MADAME DUPUIS, qui ne l*a pas écouté, se laisse tomber dans le (Sutteotl
et eache son visage dans ses deox mains.
Oh! mon Dieu!
ROUVIÈRE, fronçant le soareil, à part.
Ah! cela tourne à l'élégie! (Haut, aprè» un mouvement.) Allons, ma chère madame Dupuis! voyons donc! cela n'est pas raisonnable! de quoi s'agit-il après tout? d'un voyage! ce n'est pas la mort d'un homme qu'un voyage... on en revient, j'en suis la preuve... Eh ! comment font donc les femmes des marins.